ACTE PRliMIKK
M A U V E RGN A'I' , par-dessus le paravent.
J'ai là quelqu'un qui m'en offre sept cents francs.
LOUIS
Quelle folie! Mais pour une trentaine de francs... Sept cent dix. Cette fois, je prends.
GENEVIÈVE, bas.
Sept cent vingt.
MAUVERGNAT.
On a dit sept cent vingt.
LOUIS
Vous croyez que je vous fais une plaisanterie, et alors vous m'en faites une autre.
MAUVERGNAT, toujours sur réclielle.
Je vous affirme qu'on m'en donne sept cent vingt francs.
LOUIS
Voyons, sept cent trente, et finissons.
GENEVIÈVE, à Mauvergnat.
Sept cent quarante.
MAUVERGNAT.
Sept cent quarante.
LOUIS
C'est absurde! Il n'y .-i personne!
Vous n'enchérissez pas?
LOUIS
S'il y a quelqu'un, qu'il se montre !
m LE FILS.
MAUN ERGN AT.
Refus.
LOUIS
Eh bien, j'y vais, moi; (U vient vers la gauche. Geneviève se hâte de rentrer dans le cabinet.)
M AUVERGNAT, descendant de l'échelle. .
Défense.
LOUIS, revenant à sa mère.
Il n'y a personne. »
MADAME JiERTEAU.
Renonçons-y. (Geneviève reparaît derrière le paravent.) LOUIS, à Mauvergnat.
Vous avez cru que nous tenions absolument à ce portrait. Gomme je vous en ai offert deux fois plus que vous n'en demandiez, vous avez dû en conclure que nous le voulions à n'importe quel prix. Mais, sans entrer dans d'autres explications avec vous, voici ce que c'est. Je me marie demain . . .
MAUVERGNAT, à part.
C'est l'avocat!
LOUIS, regardant sa mère.
Alors ma mère a cherché quel cadeau pouvait m' être le plus précieux : elle m'a donné une bonne action à faire. Monsieur Louis Fontenay était un parent à nous qui avait quitté la France quand j'étais tout enfant, sans qu'on sût pourquoi, et dont on n'avait pas retrouvé la trace, C'est seulement l'autre semaine que ma mère, venue. ici par hasard pour vous acheter des bijoux anciens, a vu ce portrait et a su de vous le retour de notre parent et le