ACTE DEUXIEME
MAUVERGNAT.
Un hasard, Jieureux moralement, m'a mis dans les mains la preuve que votre fortune est à une autre.
LOUIS
Remarquez -vous que vous accusez mon père?
MAUVERGNAT.
Votre père ?
LOUIS
Pour que je ne fusse pas légitime propriétaire de ce qu'il m'a laissé...
MAUVERGNAT.
Ah! monsieur Berteau.
Sans doute, monsieur Berteau. Je vous dis mon père! — Il faudrait que ce qu'il m'a laissé il l'eût mal acquis. Et si vous aviez l'audace de dire cela... — Tenez, je ne m'en offenserais même pas.
MAUVERGNAT.
Dieu me préserve de dire ou de penser du mal de monsieur Berteau! Je ne l'ai pas connu, mais je connais l'honorabilité de sa mémoire. Ce n'est pas de l'honorabilité qu'on se prépare en s' appropriant le bien d'autrui, et j'affirme hautement qu'il n'y a pas dans l'univers entier une fortune plus irréprochable que celle de monsieur Berteau.
LOUIS
Eh bien alors f
MAUVERGNAT,
• Voici une lettre.
LOUI S
De qui?
MAUVERGN A T.
Vous allez la lire. — Vous n'ignorez pas sans doute que cette fortune qu'il vous a laissée, monsieur Berteaul'avait faite lui-même, et qu'ainsi elle n'appartenait qu'à lui?
LOUIS
Je le sais.
M AUVERGNAT
Et que madame votre mère ne lui a rien apporté en se mariant, ni plus tard?
LOUIS
Je le sais î — La lettre.