SCÈNE ÏII
LOUIS, MADAME BERTEAU, GENEVIÈVE, lE COLONEL.
MADAME BERTEAU
Vivant !
GENEVIÈVE
Tu n'es pas blessé? (Elles se jettent sur lui et le couvrent de baisers auxquels il tâche de se dérober. )
MADAME EERTEAU, pendue à une épaule.
Ah ! quel bonheur !
GENEVIÈVE, pendue à l'autre.
Louis î
MADAME BERTEAU
Méchant garçon qui fais de ces peurs-là à ta mère î 11 me semble que j'étais morte et que je revis.
GENEVIÈVE
Ça fait du bien de pleurer !
MADAME BERTEAU
Mais embrassons-nous donc! (EUes recommencent leurs bai sers malgré lui, )
ACTI' TROISIÈMl!:. 89
LE COLONEL
Ah çà, quand vous aurez fini? Si vous vouliez bien m'en laisser un peu î
(iENEViÈVE.
Oh î toi, père, tu n'en mérites pas, tu n'as pas eu assez peur.
LE COLONEL, serrant Li main de Louis.
Mon cher Louis, ne me croyez pas si brave. La preuve de ma poltronnerie, c'est que, quand j'ai vu que vous ne reparaissiez pas, je n'ai pas pu m'empêcher de planter là tout notre monde et d'accourir ici. Je les ai rencontrées qui s'en retournaient, et elles ont voulu revenir avec moi. — Mais que je vous fasse donc compliment. Vous n'avez rien attrapé du tout?
Rie.n.
Et lui?
Blessé.
Pour de bon ?
Légèrement.
Tant mieux î
LE COLONEL
LOUIS
LE COLONEL
LOUIS
GENEVIEVE
LE COLONEL
Tant pis ! Il lui était dû plus que cela. Ce drôle a eu rinsilence de venir vous cliercher querelle!
LOUIS, à part.
Ah ! on croit?...
C'est votre première alTaire?
LOUIS
Oui.
LE COLONEL
Bravo, mon gendre! Et contre un pilier de salles d'armes. J'ai tiré avec lui, il est de seconde force. Vous voilà posé!
GENEVIÈVE
C'est cela, encourage-le, pour qu'il recommence.
LE COLONEL
Il ne le fera plus. Mais, voyez-vous, on n'a pas été soldat impunément. Au fond, elle-même vous sait gré de l'incident.
GENEVIÈVE
Oh ! non, par exemple.
LE COLONEL
Elle ne dit pas ce qu'elle pense. Les femmes aiment que les hommes se battent.
GENEVIÈVE
Non, non, non.
LE COLONEL
Tu ne l'aimes pas davantage depuis qu'il s'est battu?
GENEVIÈVE
Non.