‹ Le filsChapitre 67 sur 75 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LE COLONEL, (iEiNEVIÈVE.

GENEVIÈVE

Nous allons donc savoir ce qu'il a! Je me sens toute remontée. Vite, père ! prends ton chapeau, et allons... — Non, tu ne voudrais pas m'y conduire. Il vaut mieux qu'il vienne ici. Oh ! il viendra ! Je vais lui écrire que mon honneur est menacé. Il viendra ! — Mais tu as un air singulier. Quand je te dis que c'est très-heureux !

LE COLONEL

(Juelle peut être cette lettre qu'on lui a vue ?

GENEVIÈVE

11 nous le dira.

LE COLONEL

Il t'aime , on lui remet une lettre, il se retire. C'était donc une lettre qui t'accusait.

GENEVIÈVE

11 me l'aurait montrée.

LE COLONEL

S'il n'y avait vu qu'une accusation.

GENEVIÈVE

Veux-tu dire que c'était une preuve ?

Tout le monde le croira.

GENEVIÈVE

Excepté toi ?

LE COLONEL

Évidemment. Mais quelquefois les termes d'une lettre peuvent présenter un double sens. Quelquefois on peut, innocemment, se laisser aller k une démarche imprudente. Tu aurais cette excuse que tu n'avais pas de mère.

GENEVIÈVE

Si ! je t'avais.

LE COLONEL

Tiens, je suis un mauvais père d'avoir été inquiet un instant.

GENEVIÈVE

Une parole de Louis fera tomber cette calomnie. Je vais lui écrire. Et aussi à madame Berteau. Louis sentira mieux ce que vaut la réputation d'une femme — devant sa mère. (Eiie sort.)

LE COLONEL

Alors, cette lettre a été fabriquée. Par qui? Par cet homme ? Dans quel but ?

LE DOMESTIQUE

Monsieur peut-il recevoir monsieur de Bray ?

LE COLONEL, seul.

C'est par lui! Oui, c'est sa vengeance qui continue!

Qu'il vienne î (Lo domestique introduit Armand, et sort.)

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