‹ Le filsChapitre 71 sur 75 · CENE V 1 K \ L · texte numérisé non relu

CENE V 1 K \ L

xMon père l'a cru!

LE COLONEL

(ïeneviève!

GENEVIÈVE

Oh! mon père, disons la vérité, si nous voulons qu'on nous la dise. Mon père l'a cru un moment.

ARMAND

Mais parlez donc !

LOUIS

Vous me l'ordonnez?

GENEVIÈVE

C'est vrai, on le menace, et alors il ne peut pas répondre.

ARMAND

Si c'est ma présence qui empêche... (a louIsj Moi parti, parlerez-vous ? — Non ?

GENEVIÈVE

Louis, je ne menace pas, moi, je prie. Voyons, vous avez reçu une lettre. Ne niez pas, on vous l'a vue.

J'en ai reçu une.

GENEVIÈVE

Qui m'accusait?

LOUIS

Non.

ARMAND

Montrez-la.

LOUIS

Je l'ai brûlée.

LE COLONEL

Qui donc accusait-elle?

LOUIS

Monsieur, je jure — sur quoi? je dirais sur ma vie, ce ne serait plus assez, — je jure sur ma souffrance que cette lettre ne concernait ni mademoiselle ni monsieur.

LE COLONEL

Elle ne concernait pas monsieur, et vous vous êtes battu avec lui ; elle ne concernait pas ma fille, et vous l'avez quittée.

LOUIS

11 y a une chose à faire. Vous dites vrai, les apparences seraient contre mademoiselle. Un mariage, en effet, ne se rompt guère, à ce moment extrême, que pour cause d'indignité. Indignité, soit ; mais de qui? Mademoiselle, dites que ce n'est pas moi qui me suis. retiré, que c'est vous qui m'avez renvoyé, — qu'au dernier instant vous avez découvert une action de ma vie, une faute , un crime, une bassesse...

GENEVIÈVE

Que je vous calomnie, moi? "/

LOUIS, au colonel.

Monsieur, dites-le, vous. iN'ayez pas de scrupule. Puisque c'est moi qui le 'demande î S'il vous répugne de m'accuser, je m'accuserai moi-même. Je dirai...

Page 1