ACTE QUATIUÈME
MADAME JiERTEAU.
Louis, dans sa probité, a jugé qu'il ne devait pas garder l'héritage de celui — qui n'était pas son père. 11 rend sa part à la sœur de monsieur Berteau.
LOUIS
Ma mère aussi rend la sienne !
MADAME BERTEAU
Il ne pouvait donc plus épouser mademoiselle Torelly, et il ne pouvait pas dire pourquoi sans me dénoncer. VoiLà le supplice qu'il subissait tout à l'heure. Il était entre l'honneur de celle qui a été sa fiancée et l'honneur de sa mère. Pardonne-moi cela encore, mon enfant, (a Armand.) Monsieur, vous redirez tout ce que vous venez d'entendre. Je vous y autorise, et je vous en prie. Vous m'aiderez à accomplir un devoir. Justifiez mademoiselle et condamnez-moi. Vous aurez mes remercîments et l'assentiment de mon fils.
■ ARMAND
Madame, qu'un autre s'en charge. Je sais trop, par expérience, combien les fautes sont faciles à commettre pour me souvenir même des miennes, et je ne me rappellerais que la loyauté et la noblesse dont vous venez de faire acte devant moi.
LOUIS
Viens, ma mère.
MADAME BERTEAU
Oui, nous avons terminé ici. Adieu, messieurs. Adieu, mademoiselle.
l2Zi LE FILS.
LOUIS
Adieu, mademoiselle, (n salue le colonel et s'en va avec sa mère.)
GENEVlÈVli, sanglotant.
1 ère! (Le colonel ne répond rien. Louis et madame Berteau sont déjà à la porte.)
LE COLONEL
Madame, votre fils, dans la nouvelle situation où il est placé, n'est plus le mari que j'avais accepté pour ma ûWe. Vous l'avez reconnu vous-même en ne venant pas aussitôt essayer de m' émouvoir par la grandeur de son sacrifice. Vous seriez venue inutilement, son sacrifice ne m'aurait pas ébranlé, pas plus que votre abnégation à vous qui vous seriez dénoncée pour votre fils. Ce soir, vous n'êtes pas venue de votre propre mouvement, nous sommes allés vous chercher. C'est à ma fille que vous vous êtes dévouée. Il ne sera pas dit que je n'aurai rien fait pour celle qui a tout fait pour mon enfant. Je donne ma fille à votre fils.
GENEVIÈVE
Papa . (Elle se jette à son cou et l'embrasse avec frénésie.) LE COLONEL.
Si tu crois que c'est moi que tu embrasses !
Ah çà, mais suis-je bête, je suis content !
LE COLONEL
Louis, embrassez votre femme. *