HÉLÈNE, PENRUDDOCK, LADY RÉGINE
HÉLÈNE , accourant vivement.
Ma cousine ! ma cousine ! tu ne l'en douterais jamais... le général Monck !..
LADY RÉGINE , souriant.
Si vraiment, je le devinerais a ton émotion I
nÉLÈNE.
Tu veux dire à ma surprise I C'est lui.
HÉLÈNE, PENRUDDOCK, LADY RÉGINE, MONCK, des officiers au fond du théâtre, EPHRAIM.
MONXK, parlant à plusieurs officiers qui n'entrent pas. Pas de désordre, messieurs... Quoique ce château appartienne, dit-on, à des partisans de Stuart je veux qu'il soit respecté.
LORD PENRUDDOCK , bas à Régine.
Vous l'entendez... Qu'est-ce que je vous disais ?
MONCK
Nous n'avons plus que douze milles d'ici Londres; nous y serons demain... Nous irons nous mettre aux ordres du parlement, qui , pour nous complimenter, nous envoie trois de ses membres : MM. Scot, Robinson , et l'honorable Ephraïm Kilseen... Allez!..
(Les officiers qui étaient au fond se retirent. Monck redescend le théâtre. Les acteurs sont dans l'ordre suivant: Hélène, Pcnrurtdock, lady Régine, Monck, Ephraïm )
MONCK, après avoir salué Régine et Hélène. Pardon, milady, de nous emparer ainsi de ce château" qui vous appartient. Je ne l'ai appris qu'en y entrant, par l'honorable membre du parlement qui venait de nous rejoindre, et je me félicite de me trouver en pays de connaissance.
C'est nous qui sommes heureuses devons offrir l'hospitalité, et si, après une si longue marche , le général voulait accepter quelques rafraîchissernens... (Le général s'incline en signe d'acceptation, et Régine fait signe à Hélène de donner des ordres.) MONCK , se retournant vers Ephralm.
Vous dites donc que le parlement voit noire arrivée avec plaisir...
EPHRAÏM
Avec enthousiasme... Il y voit le triomphe de la bonne cause, et m'a chargé pour vous , à l'unanimité, d'un message.
MONCK
Que vous venez de nous transmettre devant toute l'armée...
EPHRAÏM , a demi-voix.
Et d'un autre particulier qui ne regarde que
MONCK
J'accueillerai toujours avec respect et soumission les communications du parlement en masse et en détail.
LADY RÉGINE, montrant à Monck et à Epliraïm la table à gauche où l'on vient de placer des verres et des flacons de vin.
Messieurs!..
(Penruddock, Monck et Epliraïm traversent le théâtre et s'approchent de la table a gauche, où Hélène leur verse à boire. Les acteurs sont dans l'ordre suivant : Epliraïm, Hélène, près de la table et versant a boire, Monck, Penruddock, lady Régine.)
LORD PENRUDDOCK, ù Monck.
A vous, général, le premier toast.
MONCK, élevant sou verre.
A ces dames 1 aux doux souvenirs que m'a laissés noire rencontre en Ecosse.
MONCK
A Vous, maintenant, milord!
PENRUDDOCK
OU! mon toast est connu!... à. Charles Stuart! (Epliraïm pose son verre sur la table et ne boit pas.) MONCK, froidement.
Volontiers !... Je n'ai jamais refusé de boire aux exilés... surtout à ceux qui le sont pour toujours. (Levain son verre.) A Charles Stuart!
RÉGINE, bas à Penruddock.
Vous l'entendez !
penruddock, à demi-voix et s'approcliant de Monck. Général, il faut que je vous parle.
MONCK
A moi, milord?
PENRUDDOCK
Oui, vous ne me refuserez pas, je l'espère, un entretien particulier ?...
MONCK
Il m'est impossible d'accepter l'honneur que veut me faire milord Penruddock...
LOltD PENRUDDOCK, avec colère.
Monsieur !...
MONCK
Daignez me remplacer auprès de ces dames et leur offrir la main... J'ai à causer avec l'honorable Kilseen, envoyé du parlement.
LORD PENRUDDOCK, aux deux dames qui l'entraînent. Mais cet homme-là est un traître...
lady RÉGINE, froidement.
Non!... c'est un homme d'état. Venez.
(Elle l'emmène et sort avec lui et Hélène.)