SCÈNE I
LORD PENRTJDDOCK , entrant par la première
porte à droite; HÉLÈNE, entrant par le fond.
Quel bruit dans cette auberge I... ni moi, ni ma
femme de chambre n'avons pu dormir dans notre
appartement... Et vous?
LORD PENRUDDOCK
Moi!... c'est bien différent!... je ne dors pas... j'ai bien autre chose à faire...
HÉLÈNE
Et pourquoi nous arrêter chez cet Ephraïm... au lieu d'aller hier soir tout droit a Londres ? LORD PENRUDDOCK.
Ma nièce... ma nièce... il y a des motifs que vous ne pouvez... que vous ne devez pas chercher à pénétrer.
HÉLÈNE
Encore quelque complot politique!., quelque projet de conspiration !...
LORD PENRUDDOCK
On verra... je ne dis rien...
HÉLÈNE
Et moi , je dis... que l'on devrait choisir, pour conspirer, une auberge où l'on pût s'entendre... ce qui n'est pas possible ici... même au milieu de la nuit! Ce tapage à la porte et dans la cour...
LORD PENRUDDOCK
Une voiture de poste brisée... des voyageurs demandant à loger... c'est ce qu'il y a au monde de plus simple et de plus ordinaire. Ce qui ne l'est pas, ma nièce, c'est votre obstination à m 'empêcher d'accomplir avec honneur la mission dont on m'a chargé... refuser avec Monck une alliance... HÉLÈNE, avec impatience.
Que vous blâmiez hier.
Et que j'approuve aujourd'hui... Sans cela , ce ne seruitplus de la politique... et il en faut quand il s'agit, comme ici, des plus graves intérêts... de ceux du roi et de notre parti... Et quand on ne vous demande que du temps.
HÉLÈNE, avec impatience.
Eh bien , mon oncle, puisque ma cousine y attache une telle importance, tout ce que je puis vous promettre... c'est d'imiter le général... de ne pas me prononcer.
LORD PENRUDDOCK
Ni oui... ni non... c'est cela... je pourrai dire alors ce que je voudrai...
(On entend sonner de plusieurs côtés.) HÉLÈNE.
Tenez... tenez... entendez-vous?... impossible