‹ Le fils de Cromwell;Chapitre 54 sur 62 · RICHARD, LADY RÉGINE · texte numérisé non relu

RICHARD, LADY RÉGINE

RICHARD

Lady Teiringhain qui me demande audience.

LADY RÉGINE

Qui vous demande justice, milord, et vous i la refusez pas, j'espère, à vos amis.

RICHARD

Pas plus qu'à mes ennemis!... parlez.

LADY RÉGINE

Sluart pouvait, j'en conviens, m'accuser t fausses promesses, de ruses, de coquetterie, et j'ai mérité un tel reproche, vous savez dans qu but et dans quel espoir!... mais en se vaillant ( mon amour, il a menti, et son manque de foi n

dégage de la mienne !.. Le prévenir, comme vous me l'aviez ordonné, de quitter à l'instant même l'Angleterre, eût été me ravir les moyens de me justifier... je l'ai retenu et, le flallant d'un succès désormais impossible; je l'ai fait cacher à l'hôtel Penruddock, pour que vous sachiez de lui-même qu'il a proféré un mensonge indigne d'un gentilhomme et d'un roi !

RICHARD

Je vous crois, milady ! je crois que vous ne

l'avez jamais aimé, pas plus que lord Penruddock,

qui est, dit-on, mon autre rival... pas plus que

moi-même.

LADY REGINE.

Osez-vous le dire !

RICHARD

Non pas que je vous accuse ; mais dans ce moment encore, vous vous abusez vous-même. Ce que vous aimez , c'est le bruit et l'éclat... c'est l'agitation et le danger!... Ce que vous aimez, c'est l'enivrement des grandeurs , c'est le pouvoir !... et bientôt vous ne m'aimeriez plus... car ces chaînes dorées qui excitent tant de désirs, ne m'en inspirent à moi qu'un seul... celui de les briser !... Ah! je n'eusse pas hésité, si le seul bien que j'envie eût pu m'appartenir... Mais j'ai pardonné... je rends à lady Hélène tous ses biens confisqués, lui permettant d'en disposer pour l'époux qu'elle choisira... C'est ainsi que se sera vengé le fils de Cromwel... Et maintenant, je défie Monck de me trahir.

LADY RÉGINE

Si je vous connais bien tous les deux, vous avez pu lui pardonner sa trahison, mais lui, ne vous pardonnera jamais votre clémence... et bientôt peut-être...

RICHARD

Ahl ne me dites pas cela.'... Ne m'ôtez pas toutes mes illusions !... Laissez-moi croire encore à la reconnaissance... (Lui tendant la main! et à l'a-

REGINE, a

Ah ! Richard !

RICHARD

Qu'elle nous suive dans les partis opposés où le sort nous a jetés , et puisque nous ne pourrions plus lesquittersans déshonneur... restons-y, quoi qu'il arrive, et quels que soient leurs torts ! Continuons à servir, vous le roi, qui vous outrage , moi les amis qui me trahissent cl demeurons fidèles... même à des ingrats.

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