ACTE V, SCÈNE XL
lui , la première place... que je refuse!.. (Serrant la main d'Hélène.) J'ai mieux que cela!.. Mais, à ma demande, il conserve à tous mes amis, officiers (le Cromwell, leurs titres, leurs dignités , leurs honneurs... De plus, il nomme Lambert duc de Norfolk, gouverneur du Devonshire, premier commissaire de la trésorerie...
LAMBERT, avec joie.
Est-il possible!
RICHARD
Et maiulenant que j'ai ajouté à tes richesses et à les grandeurs, maintenant qu'à la cour deStuart tu es tout... me permets-tu, à moi, den'êtrerien?..
LAMBERT
Que dites-vous?
RICHARD
Tenez... entendez-vous ces cris?
(On entend au dehors : VIVE LE ROl! Entrent plusieurs groupes d'officiers et Ephraïm, furieux.)
EPHRAÎM.
C'est une indignité!
RICHARD
Je ne peux plus vous rendre justice, maître Ephraïm... Adressez-vous à Stuart?
EPHRAÏM
Et le moyen!.. Pendant que je vote pour Monck
dans le parlement, il proclame Charles II ! Encore
un règne qui m'en voudra et ne fera rien pour
moi... On ne voit que trahisons!..
RICHARD
Pour la première fois, nous sommes du même avis ! (Se tournant vers les officiers qui viennent d'arriver et qui entourent Lambert.) Harrisou, Luttlow, Fletwood, vous tous, amis de mon père et les miens... je vous rends vos sermens! Soyez fidèles aux Stuart, comme à moi-même! Républicains, je vous permets d'être royalistes!... Je quitte pour jamais ce palais... (Prenant Hélène par la main.) et je retrouverai sur le seuil le bonheur que j'y avais laissé...
(Il sort avec Hélène, par la porte a droite, au moment
où les cris redoublent au dehors.
LORD PEXRUDDOCK, entrant par la porte du fond.
Le roi, messieurs! le roi!... Vive Monck ! vive le roi !...
EPHRAÏM, a demi- voix, pendant que tous les groupes entrent successivement par le fond.
Parlez pour moi à sa majesté !
LORD PENRUDDOCK
Je ne vous connais plus, mon cher ! Quand le jour de la justice arrive, chacun doit porter le mérite ou la peine des opinions qu'il a eues !
EPHRAÏM
Mais je les ai toutes !... comme Monck !... et je ne suis rien... et lui est duc, ministre... Tenez! entendez-vous ?
(En dehors, et sur le théâtre, redoublent les cris de : Vive Monck ! vive le roi !.. vivent les Stuarts !...