SCÈNE II
Les MÊMES, LA BARONNE.
MADAME MARÉCHAL, montrant on tiégre à la baronnai
Savez-vous, chère baronne, que vous nous gâtez?
LA BARONNE, debout.
nélas! madame, je viens aujourd'hui bien à contre-cœur, chargée d'une mission qui ne vous surprendra certainement pas, mais dont le pénible devoir appartenait plutôt à M. d'Auberive qu'à moi. M. d'Outreville en a jugé autrement, et mal- \ gré ma répugnance à me mêler de choses aussi délicates, il a \ fallu me rendre à ses instances. . — ^
MADAME MARÉCHAL
Il reprend sa parole? (a Fernande.) Lai que vous disais-je? Yoilà le fruit de vos excentricités ! Après la scène d'hier, cette rupture est un désastre pour vous 1
LA BARONNE
rTexagérons pas, madame : la situation de mademoiselle Fernande reste intacte. M. d'Outreville, en vrai gentilhomme, a recule devant une rupture tant qu'elle pouvait donner lieu à des interprétations fâcheuses pour sa fiancée; mais le discours de M. Maréchal a levé tous ses scrupules.
f3« LE FILS DE GIBOYER.
FERNANDE
Mon pore a parlé?
Oui, mademoiselle... C'est en sortant de la Cûambre que M. d'Outreville est accouru chez moi, indigué de cette volteface inqualifiable.
FERNANDE
Volte-face!
LA BARONNE
Comment voulez-vous appeler cela ? J'admets que M. Maréchal se soit trouvé froissé, qu'il ait refusé de comprendre les raisons de haute convenance qui ont déterminé le comité à faire choix d'un autre orateur...
MADAME MARÉCHAL
Un autre orateur I Que voulez-vous dire?
LA BARONNE
Ne savez-vous pas qu'on lui a retiré le discours pour le donner à M. d' Aigrement?
MADAME MARÉCHAL
Mais nous sommes bafoués, madame!
FERNANDE
Vous disiez cependant que mon père a parlé.
LA BARONNE
Hélas I oui. Il s'est levé après M. d'Âigremont, à la grande k surprise de nos amis, et, à leur plus grande indignation, il a j lu une réponse furibonde aux nobles paroles qu'on venait d'en- 1 tendre.
/ MADAME MARÉCHAL
Quelle horreur ! Nous voilà au ban de l'opinion!
Je le crains, madame. M. d'Outreville a quitté la séance ; il est venu chez moi : vous savez le reste.