SCÈNE PREMIÈRE
MADAME MARÉCHAL, usiae aa milieu de la scène et brodant; FERNANDE, aUam et Tenant en sUence.
UADAUE MARÉCHAL.
Vous êtes bien agitée, mademoiselle.
FERNANDE
Et vous bien calme, madame.
MADAME MARÉCHAL
Je n'ai pas de raison de ne pas Têtre.
FERNANDE
Quand peut-être en ce moment mon père est à la tribune t
MADAME MARÉCHAL
Ah I c'est là ce qui vous occupe ?
Et quoi donc, madame? J'admire votre tranquillité, s^^
MADAME MARÉCHAL
Le discours de votre père est magnifique, et je suis sûre^ que ce sera un triomphe.
FERNANDE
Ah 1 je n*en demande pas tant.
MADAME MARÉCHAL
Je le crois; il arbore un drapeau qui n'est pas le vôtre.
FERNANDE
Je n*ai pas de drapeau, madame ; je ne me môle pas de politique.
MADAME MARÉCHAL
Vous m'étonnez : je vous aurais crue républicaine au fond du cœur.
FERNANDE
Pourquoi?
MADAME MARÉCHAL
C'est une opinion qui rapproche les distances.
FERNANDE
Je ne vous comprends pas.
Vous faites encore l'ingénue après l'éclat d'hier ?
FERNANDE
L'éclat?... n n'y a que vous, madame, pour interpréter à mal une action si simple. Je suis sûre que tous les gens de cœur m'ont approuvée, à commencer par M. d'Outreville, qui est le plus intéressé dans la question.
MADAME MARÉCHAL
Si vous croyez l'avoir enchanté par votre petite manifestation !... J'en suis encore à comprendre comment il n'a pas repris sa parole.
FERNANDE
Si je le soupçonnais d'y avoir songé un instant, c'est moi qui reprendrais la mienne.
MADAME MARÉCHAL
Tous êtes sévère !
FERNANDE
Je n'admets pas qu'il doute de ma probité.