‹ Le fils de Gde GiboyerChapitre 20 sur 114 · ACTE PREMIER. U · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. U

LE MARQUIS

Avez-vous complètement renoncé à Voltaire et à «es pomp^s^

MARÉCHAL

Ne me parlez pas de ce monstre ! C'est lui et son ami Rousseau qui ont tout perdu. Tant que les doctrines de ces vauriens-là ne seront pas mortes et enterrées, il n'y aura rien de / sacré, il n'y aura pas moyen de jouir tranquillement de sa fortune. Il faut une religion pour le peuple, marquis. ^

LE MARQUIS, à parU

Depuis qu'il n'en est plus.

MARÉCFIAL.

J'irai plus loin : il en faut une même pour nous autres. Revenons franchement à la foi de nos pères.

LE MARQUIS, è part.

Ses pères I... acquéreurs de biens nationaux 1

MARÉCHAL

On ne viendra à bout de la Révolution qu'en détruisant l'Université, ce repaire de philosophie; c'est mon opinion.

Eh bien, mon ami, réjouissez-vous : les opérations contre \ l'Université vont s'ouvrir dans cette session même. ^

MARÉCHAL

Vous me comblez de joiol

LE MARQUIS, lai mettant la main sur l'épaule.

Ne croyez- vous pas que, dans cette mémorable campagne, î a voix de notre orateur aura quelque retentissement et qu'on :îourra l'appeler le vendéen de la tribune?

MARÉCHAL

Quoi! marquis...

LE MARQUIS

Oui, mon ami , c'est à vous que nous avons pensé pour ce ' rôle magnifique.

MARECHAL

Est-il possible? Mais c'est 1* immortalité que tous m'o£Drezi

LE marquis.

Quelque chose comme cela.

MARECHAL

Du haut de la tribune, dominer rassemblée du geste et de la voix, envoyer sa ppnsée aux deux bouts de la terre sur les ailes de la Renommée I... Mais, sapristi l croyez-vous que je saurai parler?

J'étais justement en train d'admirer votre éloquence, à part moi.

MARÉCHAL

Entre quatre-z-yeux ^ ça va encore... Mais, en public, je n'oserai jamais.

LE MARQUIS

Affaire d'habitude 1 la meilleure façon d'apprendre à nager, c'est de se jeter à l'eau.

MARÉCHAL

C'est qu'il ne s'agit pas de barboter ici.

LE MARQUIS

Nous vous attacherons des vessies sous les bras. Votre premier discours étant une sorte de manifeste, nous vous le donnerons tout fait; vous n'aurez qu'à le lire.

MARÉCHAL

A la bonne heure! Du moment qu'il ne faut que du courage et de la conviction... On ne saura pas dans le public que le discours n'est pas de moi ?

LE MARQUIS

: /( moins d'une indiscrétion de votre part.

MARÉCHAL

Vous ne m'en croyez pas capable, j'espère. — Et quand me confienht-on le manuscrit?

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