ACTE DEUXIÈME
MAXIMILIEN
Et elle a lu des romans où le pauvre secrétaire s'éprend d<> la fille du baron ? Mais elle peut se rassurer, je ne cours aucun danger. Il y a entre nous un fleuve de glace,
MADAIIS lfARÉGHA&«
Et ce fleuve y c'est?...
MAXIMILIEN
Sa dot!... dont elle ne manquerait pas de me croire amou-^ reux. Les jeunes filles riches... brrr! Le frôlement de leur robe ressemble à. un froissement de billets de banque ; et je ne lis qu'une chose dans leurs beaux yeux : « La loi punit le ' contrefacteur. »
J'aime à vous voir dans ces idées-là ; je vous avais bien jugé. Il faut le dire, hélas I on ne trouve plus cette fermeté de sentiments que chez les hommes élevés à l'école de l'adversité.
MAXIMILIEN
Mais non, madame ! c'est le seul maître qui m'ait manqué, grâce à mon cher protecteur.
MADAME MARECHAL
Ne rougissez pas d'avoir connu la misère, monsieur Maximilien; pas devant moi, du moins.
MAXIMILIEN
Ni devant vous, madame, ni devant personne. Mais, en vérité , si je l'ai connue , c'est à l'âge oi!^ on ne la comprend pas, et je ne m'en souviens plus. Il ne me reste de mon enfance qu'une impression désagréable, celle du froid; et encore, comme je voyais des engelures aux mains de tous mes petits camarades, j'aurais été humilié de n'en pas avoir (fooriant) : j'en avais.
MADAME MARECHAL
Il Sied bien à un homme de plaisanter de ses épreuves : la gaieté est la forme la plus virile du courage.
MAXIMILIBN, àpvt.
EIIa y tient, la bonne dame.
MADAME MARECHAL
Si j'avais un fils, je le voudrais souriant dans sa force, comme vous... et je vous prierais d'être son ami... son Mentor plutôt, car il serait encore bien jeune.
MAXIMILIBN, à part.
Elle se sera mariée tard.
MADAMB MARÉGHAL.
Aimez-moi un peu, monsieur Maximilien.
MAXlMILIBlf.
Madame, certainement...