‹ Le fils de Gde GiboyerChapitre 49 sur 114 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MARECHAL, stul, debout, au milieu, derrière le fauteuil, comme à la tribune; sur le guéridon, à côté de lui, est un Terre d'eau; il boit.

t Et, messieurs, soyez-en bien convaincus, la seule base solide dans Tordre politique, comme dans Tordre moral, c'est la foi \: ' Ce qu'il faut enseigner au peuple, ce ne sont pas les droits de- Thomme, ce sont les droits de Dieu; car les vérités dange.-reuses ne sont pas des vérités. L'institution divine de Tautorité, voilà le premier et le dernier mot de Tinstruction primaire! »

(Descendant en scène son manuscrit à la main.) La ! je pOSSèdo imperturbablement ma première partie. Ce n'est pas sans peine ; j'ai la mémoire rétive comme tous les diables. C'est une faculté subalterne, la mémoire. — Décidément, je réciterai. Il est superbe, mon dfscours. Je voudrais bien savoir qui Ta fait, pour lui commander le suivant. Je ne sais pas s'il produira sur la Chambre le même effet que sur moi ; mais il me semble irréfutable; il m'affermit dans mes convictions, il m'enlève. Oh! la belle chose que Téloquenco ! J'étais né pour être orateur ; j'ai la voix et le geste, les dons qui ne s'acquièrent pas : le reste (regardant le manuscrit) s'acqulcrt. — Ce petit animal de Gérard ne finit pas de déjeuner. Je voudrais bien avoir la suite de mon discours... Je n'ai pas trop de temps pour Tapprendre d'ici à

demain. Ne mangez plus à ma table, si cela vous humilie, mon bon ami , mais ne me volez pas une heure après chaque repas : mon temps est précieux. — Son grand amour d'indépendance, cVt le besoin de digérer en fumant, voilà tout. Il n'y a plus le société possible avec le cigare. Tout se* tient ; les mauvaises manières engendrent les mauvaises mœurs; et regardez-y de près, messieurs, vous reconnaîtrez que le chemin des révolutions est jonché du débris des convenances. — Ne voilà-t-il oas que j'improvise, maintenant?

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