‹ Le fils de Gde GiboyerChapitre 61 sur 114 · ACTE TROISIÈMB · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈMB

dais... CeUe petite main de femme est digne d'être serrée virilement, vous lui rendrez un jour cette justice. — ' Vous regarda*, ùion bracelet?

LB COMTB.

Voire...? Oui...

LA BARONNE, le détaèhant «t te loi donnant

II est d'un travail assez curieux...

LB COMTE

Très-curieux.

LA BARONNE

Le médaillon surtout. 11 contient des cheveux de mon mari--

Quoi I ces cheveux blancs? -^'

LA BARONNE

Ohl ma vie a été austère, monsieur le comte. Â Tàge de dix-sept ans, j'épousais un vieillard pour accomplir les der/ nières volontés de ma bienfaitrice.

LE GOMTB.

Votre bienfaitrice?

LA BARONNE

Orpheline au berceau^ sans fortune, j'avais été recueillie par une parente éloignée, la douairière de Pfeffers, créature angélique, qui m'éleva comme sa fille. Quand elle sentit approcher sa fin, elle appela près d'elle son fils le baron Pfeffers, alors sexagénaire, et nous prenant à chacun une main dans ses mains défaillantes : « Ma mort, nous dit-elle, va vous enlever votre unique amie ; promettez-moi d'unir vos deux solitudes, et je mourrai tranquille. mon fils I je confie son enfance àf votre vieillesse, et votre vieillesse à son enfonce. Ce n'est pas un mari que je te donne, ajouta- 1 -elle en se tournant 1 vers moi , c'est un père 1 » /

LE GOMTB, trèf-ten.

Et, en efièt, il fut un père pour vous? .^

LA BARONNE

Le père le plus respectueux. Mais je ne sais pourquoi Je m'abandonne à ces souvenirs... Rendez-moi mon bracelet.

LE COMTE, & port.

Cest un angel

LA BABONNE.

Mon Dipui qu*on est maladroite d'une seule maint Venez à mon secours, monsieur le comte I (sue tend son bras no au

comte. — Le eomte euaye de rattacher le bracelet.) VoUS n'ètes pas pIus

adroit que moi. Voyons si nous en viendrons à bout avec trois

. mains. (Elle aide le comte. Leort yeux se rencontrent; le comte éperdo se

détourne. — A part.) Pauvre garçon t qu'on vienne maintenant lui faire des histoires sur mon compte, on sera bien recul (Haut.) Âccompagnerez-vous votre future chez moi ce soir?

LE COMTE

Ma fucure?

LA BARONNE

Je le veux. Je n'ai jamais été heureuse; mais j'aime le bonheur des autres. Ce doit être charmant Téclosion d'un amour pur dans une jeune âme. Mademoiselle Fernande doit vous adorer.

LE COMTE

Si elle aime quelqu'un...

LA BARONNE

Ce n'est pas vous? qui donc?

LC COMTE, revenant àluL

Personne. Je voulais dire qu*eile m'épouse pour se marier.

LA BARONNE, & part

n y a quelqu'un... Je saurai qui. (Haut.) Et à quand le mariage?

LE COMTE, tristement.

Le premier ban sera publié demain, et je vais tout à l'beure acheter la corbeille.

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