‹ Le fils de Gde GiboyerChapitre 66 sur 114 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

FERNANDE

Hais le témoignage de votre conscience ?

VAXIMILIEN, souriant.

Je la connais; e!Ie est trarassière et me chercherait noise, sous prévdxle qu'on n'a le droit de braver l'opinion que pour Taccom plissement d'un devoir. Or, ce n'en est pas un d'étaler de la couûture sur son pain.

FERNANDE

Vous avez raison ; vous êtes un honnête homme.

UAXIMILIEN.

Eh ! mademoiselle , l'honnêteté, c'est l'orthographe.

FERNANDE

Peu de gens la mettent comme \^us.

MAXIMILIEN

Vous êtes bien sceptique pour votre âge.

FERNANDE, baissant les yeux.

Vous me l'avez déjà dit... deux fois.

Oh ! mademoiselle , je ne voulais pas faire allusion... je n'entendais pas..: pardon!... '

FERNANDE, après vn silence.

Il ne faut pas me juger comme une autre, monsieur. Mon enfance n'a pas été couvée par une mère ; elle a grandi seule avec le sentiment de l'abandon et l'instinct sauvage. A l'époque où l'enfant commence à s'appuyer sur le pèroi une étrangèK survint entre le mien et moi , je compris que mon protecteiï se livrait, et je le sentis menacé... dans quoi? je n'en savaj rien; mais ma tendresse jalouse devint une clairvoyance.. Vous aviei. ' raison de me plaindre, monsieur: j'ai vécu dan( une souffrance au-tlossus de mon âge, une souffrance d'bommu •( non de jeune fille. Il s'est livré dans ma tête des combats

qui ont, pour ainsi dire, changé le sexe de mon esprit. A la place Q^ délicatesses féminines, il s* est développé en moi un sentiment d'honneur viril ; c'est par là seulement que je vaux, et je vous donne une grande preuve de mon estime en vous expliquant mes dfroits étranges à la vôiro.

MAXIMILIBN.

Dites à mon respect , mademoiselle.

FERNANDE

Nos routes se sont rencontrées un instant, et vont se séparer probablement pour toujours ; mais je me souviendrai de cette rencontre , et j'espère que vous ne l'oublierez pas.

MAXIMILIEN

Non, certes... et mes humbles vœux vous suivront dans l'éclat de votre nouvelle existence. Puisse-t-elle tenir ce que vous vous en promettez I

FERNANDE, aree na toiiTln triste.

Je n'ai pas été gâtée , et ne suis pas bien exigeante.

MAXIMILIEN

Yotre rêve pourtant me semble assez ariscocratique.

FERNANDE

Me croyez vous éprise d'un titre ?

MAXIMILIEN

Damet ce ne peut pas être de la personne qui... Pardon, mademoiselle , je m'oublie... j'abuse du hasard qui m'a jeté si avant dans votre confidence.

FERNANDE, areo effort

^Gomment ne comprenez-vous pas, après cette confidence.

(que la maison paternelle m'est devenue intolérable, et que j'aci^pte la première main qui s'offre k m'en tirer?*

MAXIMILIEN

Quoi I 6*e8t pour cela seulement?... C'est le bon Dieu i^\

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