ACTE QUATRIÈME
MAXIMILIEN
Tu m'obéiras?
GIBOTER.
n le faut bien. N'e»4u pas mon maître?
MAXIMILIEN
Tout me réussit aujourd'hui. Vive le bon Dieul
GIBOTER.
ToutI Quoi donc encore?
MAXIMILIEN
Rien.
Tu as des secrets pour ton vieux camarade
MAXIMILIEN
Nous écrirons ta démission en rentrant chez toi , et Je la porterai demain de bonne heure, pour que MM. les membres du comité aient un pied de nez à leur réveil. Quelle joie de leur souffler leur Itoxeur 1 Tu ne te doutes pas de ce qu'on^ entend ici. C'est une vraie conspiration contre nos idées. ,. -
GIBOTER.
Tout simplement. La grande chouannerie des salons , avec ramifications dans les salles à manger et les boudoirs.. —
MAXIMILIEN
Tu plaisantes: mais ne t'y fie pasi Ce parti -là s'appelle légion.
GIBOTER.
Légion de colonels sans régiment, état-major sans troupes. Ils prennent pour leur armée les curieux qui les regardent caracoler; ils passent des revues de spectateurs; mais, le jowr d'une levée sérieuse, ils battraient le rappel dans le désert.
MAXIMILIEN
A ce compte, ils ne sont pas bien redoutables*
GIBOTSa.
Us le sont beaucoup pour les gouvernements qu'ils soutiennent. Ces gaillards-là ne savent verser que les voitures qu'ils conduisent, mais qu'ils les versent bien! (Deux domeBtiques
apportent le thé. )
MAXIHILIEN^ regardant Ters le salon.
Chut I... on vient I... Le marquis d'Auberive ! Avec qui est-il?
GIBOTER.
Avec réminent Couturier de la Haute-Sarthe... Un libéral repenti I
UAXIMILIEN.
Us ont l'air de s'adorer.
GIBOTER.
Je crois bien! Tous frères et amisi — Tiens, je m'étais amusé à lâcher dans mon article de ce matin quelques brocards contre ce même Couturier; le marquis a biffé le passage en me disant ce mot simple et profond : « Pas encore 1 »
HAXIMILIEN.
Eb bien, le marquis ne te biffera plus rien.