‹ Le fils de NemoursChapitre 25 sur 56 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JACQUES D’ARMAGNAC, leul.

Que vais-je devenir? Je tremble d’espérance :

Dans un instant, le ciel, l’air pur, la délivrance! Plus d’ombres, de terreurs ; plus de ces longsmoments Où mon esprit pensif rêvait à ses tourments.

Regardant sa prison ; ému légèrement.

Je vais "donc te quitter, demeure souterraine;

Mais mon cœur, en partant, éprouve quelque peine ; Quoique ce lieu m’ait vu tant pleurer et gémir.

J’ai fini par l’aimer, à force d’y souffrir.

S’approchant du banc de pierre.

Reçois mes adieux, toi, mon petit banc de pierre. Où j’essayais en vain de clore ma paupière.

Tu ne m’en voudras pas, si j’aime mieux encor Le tapis de verdure émaillé de fleurs d’or.

On entend un (jerniisement au fond du couloir de gauche. Prûlanl l’oreille.

N’ai-je pas entendu comme une voix plaintive?

Se rassurant.

On dit que le bonheur rend une âme craintive.

Sc tournant vers la lampe.

Et toi, dont la clarté si tristement me luit,

Mon unique soleil dans cette affreuse nuit,

Mes yeux ne verront plus ta flamme vacillante, Quand, dans l’ombre, éveillé par la fièvre brûlante. Pour trouver un remède à mon horrible effroi.

Je venais en rampant m’abriter près de toi.

J’attends une lumière et plus douce et plus belle;

Mais à ton souvenir je veux rester fidèle.

Avec clan.

Oli! quel bonheur d’errer, libre, au fond des grands bois. D’entendre sur son front de ravissantes voix,

De revenir le soir, les deux mains toutes pleines.

De bouquets embaumés, moissonnés dans les plaines.

Avec inquiétude.

Mais pourquoi donc Glarins tarde-t-il à venir?

Quel nouvel accident a pu le retenir ?

Il m’avait assuré qu’il reviendrait plus vite.

O ciel ! si l’on avait Soupçonné notre fuite !

Se rassurant de nouveau.

Non, je me trouble en vain, et j’aime mieux penser Au bonheur qui, pour moi, va bientôt commencer.

Avec abandon.

Une fois parvenu près du saint ermitage.

De la Vierge, à genoux, j’adorerai l’image.

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