ACTE DEUXIÈME
Plui inquiet.
Pourtant, s’il était vrai que Glarins ne vînt pas ! •
Effrayé.
J’ai peur.
Prêtant l’oreille.
Mais écoutons.
Silence ; égare.
Serait-ce un bruit de pas?
Je tremble, je frémis! Mon Dieu! comme il fait sombre..
En délire.
Quel est ce spectre affreux qui se dresse dans l’ombre?
Cherchant ù ('arracher aux étreintes d’un être invisible.
Il s’avance vers' moi, me serre dans ses bras ! J’étouffe !... Oh ! par pitié ! ne m’assassinez pas !
Je serai désormais plus soumis et plus sage,
Je ne supplîrai plus, pour sortir, davantage; Lorsqu’on me frappera, je l’endurerai mieux.
Et retiendrai les pleurs qui coulaient de mes yeux. Mais, pour un faible enfant, ne soyez point barbare.
Sortant de son égarement.
Je rêvais donc ?
Avec tristesse.
Hélas ! mon pauvre esprit s’égare.
Appelant.
Glarins !
Silenee.
Rien ne répond.
Pleurant.
Tu m’as abandonné.
Bon Glarins ! A mourir je suis donc condamné.
Epuisé d’émotion , il s’assied.
Elle l’avait prédit la pauvre mendiante,
Qui venait, chaque jour, d’une main suppliante, Demander son aumône aux portes du château.
La mort avait conduit son enfant au tombeau.
Et depuis ce malheur, hélas ! elle était folle. Enfants, nous lui disions en jetant notre obole (Nous ignorions alors ce que c’est que souffrir) :
(I Redis-nous la chanson qui nous fit tant plaisir ;
Il La chanson de ton fils ! » Et cette triste mère, Nous regardant tous trois d’une étrange manière :
K Soyez heureux, dit-elle , alors qu’il en est temps I* Vous n’aurez pas toujours votre joyeux printemps « Et la cruelle mort des mères est jalouse.
Il Prenez bien vos ébats sur la verte pelouse,
Il Car j’en ai vu mourir d’aussi jeunes que vous,
Il Et se faner des fronts et des yeux aussi doux. » Puis elle nous chanta sa lamentable histoire.
Si triste, que je l’ai gardée en ma mémoire ; Souvent dans mes douleurs j’aimais à la chanter , Avant que de mourir je veux la répéter.
11 se lève et chante.
BSI.LiDE ne LA MESDIAItTE.
Quand vous venez former vos rondes Au pied du vieux manoir,
Livrant gaîment vos têtes blondes A la brise du soir.
Parlez, enfants, d’une voix douce.
Que légers soient vos pas;
Mon fils sommeille sous la mousse.
Oh! ne l’éveillez pas.
Mais quand bientôt la pâle automne Jaunira les forêts;
Lorsque le vent du nord frissonne Aux branches des cyprès.