‹ Le fils de NemoursChapitre 36 sur 56 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LE DÜC, JEAN D’ARMAGNAC

JEAN D’ARMAGNAC, entrant sans voirie duc.

En6n il est sauvé ! maintenant je respire ;

Et s’il faut à mon tour que j’affronte la mort,

Avec moins de regrets j’accepterai mon sort.

Apercevant le duc. A part.

Le seigneur Boffalo ! le bourreau de mon frère ;

Oh ! je veux l’accabler de ma juste colère.

S’approchant du duc.

Prince lâche et cruel, monstre altéré de sang, Comment n’as-tu pas craint d’étouffer un enfant,

De l’enfermer ici , tout vivant sous la terre ,

Après avoir juré de lui servir de père,

Quand tu m’avais promis que j’allais le revoir ! Barbare , nos malheurs n’ont donc pu t’émouvoir ? La mesure à tes yeux n’était pas assez pleine !

Il te fallait du sang pour assouvir ta haine ?

Mais, dis-moi, qu’a-t-il fait? Que lui reproches-tu? Est ce trop de fortune ou bien trop de vertu?

Va, ne te cache pas ; poursuis sans te contraindre; De ta rage à cette heure il n’a plus x’ien à craindre :

LE DUC, avec douceur.

Ces paroles, mon fils, ne sauraient m’offenser :

Ainsi parle l’amour quand on l’a pu blesser.

Mais celui dont Nemours fut longtemps la victime A porté, par mes soins, la peine de son crime.

JEAN, étonné.

Qui donc, seigneur?

LE DUC

Clarins.

JEAN

Cependant...

LE DUC

Son remords

Ne pouvait le sauver. Je fus cruel, j’eus tort.

Mais il avait, sans ordre, e.vploitémon absence. Pour venger sur Nemours je ne sais quelle offense.

JEAN

Mais celui que j’ai vu tout prêt à l’égorger.

Qui donc à ce forfait avait pu l’engager?

Ce n’est pas vous, seigneur?

LE DUC, lui montrant le cadavre du Gor(>iat.

Mon bras a fait justice Du traître, que Clarins avait pris pour complice.

JEAN

Et moi qui vous croyais l’auteur de tous nos maux , Qui demandais au ciel des supplices nouveaux. Quand pourtant vous n’aviez, seigneur, d’autre pensée Que de couvrir sa vie , hélas ! si menacée !

LE DUC

Et malgré ces périls, j’aurais pu le sauver..

Mais à présent que faire? Où puis-je le trouver?

Je dois borner mes vœux désormais à le plaindre.

JEAN

Quelque nouveau péril serait-il donc à craindre?

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