JEAN DE BELZÜNCE, UN SEIGNEUR
LE SEIGNEUR, s’agenouillant devant Belziince.
Saint moine, écoutez-moi.
JEAN DE BELZUNCE
Quel sujet vous conduit
Près de nous, au milieu des ombres de la nuit? Hier, je vous ai vu parmi les gens sinistres,
Du seigneur Boffalo trop complaisants ministres.
LE SEIGNEUR
Hélas ! depuis hier, la fortune a changé.
Par les crimes du duc trop longtemps outragé ,
Le ciel l’a, cette nuit, frappé d’un coup terrible.' Soudainement atteint par cette peste horrible.
Qui porte dans nos murs le ravage et la mort ,
Le prince attend que Dieu décide de son sort.
JEAN DE BELZUNCE
Est-il vrai?
LE SEIGNEUR
Je l’ai vu rouler dans la poussière, Écumant, l’œil en feu, sous l’étreinte dernière.
JEAN DE BELZUNCE
A-t-il de ses péchés imploré le pardon?
LE SEIGNEUR
Quelque indigne qu’il soit de mériter ce don,
A travers les longs cris qu’arrache la souffrance ,
J’ai surpris sur sa lèvre un mot de repentance :
« Je vais, s’écria-l-il , paraître devant Dieu. »
Puis, s’adressant à moi : « Rends-toi dans le saint lieu Habité par le moine; et là, conjure, implore. »
JEAN DE BELZUNCE, vivemenl.
Allons sauver son âme; il en est temps encore.
Avant de lortir, le regard an ciel, puis sur l'ermitage, où repose Jacques d’ Armagnac.
Seigneur, je le confie à ton puissant amour.
Sous ton regard divin, attendant mon retour,