‹ Le fils de NemoursChapitre 54 sur 56 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE DUC, s'avançant sur Beizunce,

Je n’aperçois ici d’autre vengeur que toi :

Pauvre moine impuissant, que peux-tu contre moi?

BELZUMCE, le faisant reculer d'un regard.

Ce que je puis ?. . . Mon Dieu, tu connais ma faiblesse, Tu sais qu’à l’instant même où ta main me délaisse. Pareil au vermisseau qu’on écrase en passant.

Je ne suis devant toi que misère et néant.

Mais si tu prends encor souci de notre terre.

Si ta gloire, à tes yeux, n’a cessé d’être chère.

Ne souffre plus qu’on ose insulter à tes droits,

Et permets au fléau d’obéir à ma voix.

Éclair.

Arme mon faible bras de la force divine

Devant qui tout sur terre et dans les deux s’incline.

Tonnerre.

O Dieu, ton serviteur enfin est exaucé :

La puissance d’en haut dans mon être a pa.ssé.

Elle est là, dans mon sein, je la sens qui m’anime, Et commande à mon bras d’exterminer le crime.

Avec force.

O fléau, de la mort redoutable instrument.

Reçois, pour ta fureur, ce nouvel aliment ;

Et puisque notre sang ne l’a point satisfaite.

Qu’il soit...

LE DUC, en proie à dei tourments tubio.

N’achève pas.

Éclair.

BELZUNCE

Ta dernière conquête !

Que ton sulitil poison l’envahisse soudain,

Qu’il se mêle à son sang, qu’il déchire son sein . . .

• Tonnerre,

LE DUC, te traînant aux piedt de Belzunce et s'accrochant à ta robe.

Moine, ne maudis plus, ou mon âme s’échappe.

BELZUNCE

Qu’il apprenne à sentir ce qu’est Dieu quand il frappe.

Éclair.

Qu’il se torde à mes pieds, sous l’horrible douleur. Sans pitié, sans repos...

LE DUC, te relevant et reculant jusque tout la Madone.

Implacable vengeur !

BELZUNCE

Eclairs. Tonnerre.

Qu’il tombe, qu’il se brise auprès de cette image,

Et que le châtiment répare enfin l’outrage.

Le due tombe mort au pied du ebéne. L'orage se dissipe. Entrent les chasseurs armés.

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