SCÈNE XI
Les ipemes, JEAN D’ARMAGNAC, LE VIEILLARD, les gens de la cité, les enfants.
JEAN D’ARMAGNAC
C’est bien là l’ermitage. Oh ! je le reconnais.
J’aperçois le torrent avec ses hauts cyprès.
Courant à Belzunce.
Répondez-moi, saint moine : hier, quand la nuit sombre Commençait sur la terre à répandre son ombre. N’est-il venu personne à votre seuil pieux ?
Un enfant au front pâle, et des pleurs dans les yeux ?
Silence.
Vous ne répondez pas. Vous redoutez peut-être Que le secret n’arrive aux oreilles du maître.
Mais non, je suis son frère, et je viens lui porter Un avis qui ne peut, j’en suis sûr, l’attrister.
Si vous saviez combien je le chéris, ce frère !
J’aurais, pour le sauver, remué ciel et terre.
Aussi Dieu récompense aujourd’hui mon amour,
Et nous serons enfin heureux à notre tour.
Conduisez-moi, de {];ràce, en la sainte demeure. BELZUNCE.
Hélas !
JEAN
Hélas? Pourquoi? Ce n’est point à cette heure Qu’il faut gémir. Mon frère est libre, il est sauvé; Et l’ordre en est de France à l'instant arrivé. Moi-même dont la mort, m’a-t-on dit, était prête, J’ai vu ce jour de deuil se transformer en fête.
. BELZUNCE, d’un ton grave.
Mon fils, bien des douleurs sur votre âme ont passé. Mais le calice encor ne s’est point épuisé.
Pour de nobles desseins Dieu vous garde sans doute, Puisqu’au lieu de verser l’épreuve goutte à goutte,
Il épanche à grands flots, sur votre faible cœur.
Tout ce que peut un homme endurer de douleur.
A recevoir le coup d’un dernier sacrifice.
Que votre âme, ô mon fils, aujourd’hui s’affermisse. Un crime affreu.v...
JEAN
Je tremble; achevez. S’agit-il De mon frère? Grand Dieu! Quelque nouveau péril Menace donc ses jours?
Silence.
Vous gardez le silence !
Promenant «es regarda sur l'assistance alHigfie et apercevant le cadavre du duc derrière le chêne. Subitement éclairé.
O ciel, il l’a tué !
Il te jette dans les bras de Belzunce.