ACTE TROISIÈME
BELZUNCE, à la foule.
Respectons sa souffrance.
Lonj silence.
JEAN, te dégageant des bras du moine; les mains et les yeux au ciel.
Non , je ne puis rester sur la terre après toi.
Dans le saint Paradis, mon frère, attire-moi. Ensemble nous boirons le long oubli des peines A ces coupes de joie, aimables, toujours pleines.
Que les blancs chérubins ont la charge d’offrir A ceux qui dans leur vie eurent plus à souffrir.
BELZUNCE, à la foule.
Que personne entre vous aujourd’hui ne murmure. Si Dieu voulut livrer l’innocent au paijure :
Depuis que, sur les monts du Golgotha sanglant.
Se dressa le gibet d’un Homme-Dieu mourant,
La souffrance du juste est nécessaire au monde ;
Ses pleurs sont la rosée où le sol se féconde.
A la voix de ce sang, oubliant son courroux.
Dieu désarme le bras prêt à frapper sur nous ;
Et tandis qu’enivré de sa lâche victoire,
Le méchant se promet une éternelle gloire.
Le ciel proclame au monde, en arrêtant leur cours. Que du crime, ici-bas, les triomphes sont courts.