JEAN D’ARMAGNAC, JEAN DE BELZDNCE
*' ' • au fond du théâtre.
JEAN D'ARMAGNAC, en costume de troubadour, une guitare à la main; il s'avance en chantant.
Je suis le petit troubadour Qui s’en va chantant tout le jour.
Sans abri pour couvrir ma tête,
Comme au fond des bois la fauvette.
Je n’ai pour moi que ma chatison.
L’air pur des cieux , le chaud rayon.
Mais j’ai beau chanter et sourire,
Je ne puis calmer mes douleurs;
La lyre entre mes doigts soupire ,
Et dans ma voix on sent des pleurs.
Regardant autour de lui , tans apercevoir le moine.
Personne pour m’entendre en ces lieux ! La campagne Est muette, et mon chant se perd dans la montagne.
Levant les yeux vers les arbres.
Pas un petit oiseau qui réponde à ma voix.
Bercés dans votre nid, vous sommeillez, je crois. Pourtant il fait grand jour, et douce est la lumière ! Venez vite avec moi dire votre prière.
Se ravisant.
Oh ! non , ne hâtez point , petits , votre réveil :
On n’a pas à souffrir du moins, dans le sonuneil.
Avec élan.
Que n’ai-je, comme vous, une aile bien légère, Pour voler au pays où se cache mon frère !