‹ Le fils des etoilesChapitre 12 sur 32 · SCÈNE II ŒLOHIL. — L'ARCHIMAGE · texte numérisé non relu

SCÈNE II ŒLOHIL. — L'ARCHIMAGE

L'ARCHIMAGE (lui touchant 1 épaule).

Rêveur! rêveur, ton devoir d'harmonie.

THÉÂTRE DE LA ROSE-CROIX

ŒLOHÏL

Le voici ! ^

L^ARCHIMAGE

Rhytme d^épithalame !

Tu n'as un cœur que pour Izel et ne sais chanter que l'amour :

ŒLOHIL

Les vieux maîtres de Fart que tu m'as révélés, Archimage si grands qu'ils soient me semblent inhumains. Toujours les dieux ! les dieux sont loin ! Que suis-je pour un dieu ? tandis que je suis tout pour elle !

L'ARGHIMAGE

Parole impie ! Dès que la créature n'existe plus pour toi tu existes pour Dieu.

ŒLOHIL

Mage, je t'ai suivi pour conquérir Izel et non pour Toublier.

L'ARGHIMAGE

Jet'aipromisdu cuivre et je t'offre de Tor ! Je t'ai promis la gloire, je t'offre la Magie ;

ŒLOHIL

Tu me crois plus grand que je ne suis... Son doux regard, voilà mon horizon.

UARGHIMAGE Entant, ton âge seul s'exprime en ce moment. L'Amour n'est pas cette aveugle attraction qui pousse l'un vers l'autre, le jeune homme et la vierge. L'Amour, apprends-le donc, est le désir complet dépassant à la fois la vie et l'art

la sensation comme la rêverie ! et qui monte au mystère.

ŒLOHIL

Explique donc comment le souvenir d'Izel seul m'inspire!

L'ARGHIMAGE Tu commences la vie ; et son unique événement t'impressionne. La femme est la première énigme que tout homme doit deviner.

Douée d'un charme étrange qui nous incite elle s^impose à tous, mages ou pastoureaux. Malheur à qui Tignore,

mais gloire à qui triomphe du dangereux prestige. Quand je t'ai rencontré, tu avais atteint la seconde étape qui est l'Art.

Là, des grandeurs certaines, des noblesses formelles surgissent

on approche des dieux, par la création poétique;

et on s'appelle Goudea, Œlohil, architecte ou poète.

Il existe un troisième destin qui dépasse

la lyre et le compas, enfant, et ce destin c'est le mystère !

Connaître le pourquoi de toute chose, lire la cause dans l'effet,

assister conscient au spectacle de l'univers,

et sentir par instants qu'on touche à Dieu, par la pensée !

Tel est le sort du Mage.

Tandis que le vulgaire s'effare au moindre éclair, nous faisons de la foudre, une lumière pour nos travaux; les poisons en nos mains deviennent des remèdes, et nous avons tous les secrets.

Comment ne vois-tu pas, que je résisterai

à tes objurgations ! ô Mage, qu'elles sont vaines.

Tu t'efforces contre un adversaire vainqueur :

le souvenir indicible et charmant d'Izel

si blanche dans la nuit et me donnant son âme.

L'ARGHIMAGE

Tu n'aimes pas Izel, fille de Goudéa, non, tu aimes la femme,

c'est-à-dire une forme où ton instinct te pousse.

Mieux vaut satisfaire un désir que le girder en soi obsédant.

Je voulais te guérir de la passion qui te remplit

pour la concupiscence, tonidéalité te défend

d'y durer, si tu y tombes.

ŒLOHIL

De tes paroles, aucune ne se perd inécoutée, ô Mage : tu m'as dit que la virginité est une force ; aussi que le vouloir toujours se réalise, s'il est unique ! Je t'obéis donc mieux, en me conservant pur,

THÉÂTRE DE LA ROSE^CROIX

et Teffort de ma volonté maintenue fermement, demeure le vrai gage du bonheur que je veux mériter,

L^ARCHIMAGE

Ta réponse me plaît : réfléchis cependant !

Demain la troisième année va finir, de ton noviciat.

Il te reste un jour pour méditer avant de retourner à Sirtella ;

D'ici-là pèse bien et compare ton amourette et la Magie. Choisis !

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