‹ Le fils des etoilesChapitre 14 sur 32 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

L'ARGHIMAGE (seul)

Ainsi, ce merveilleux poète bornera son génie à comparer les yeux d'une femme aux étoiles, ses lèvres à la rose et sa taille au palmier comme un chanteur du Gange !

Notre grandeur, O Kasdim, ô mes frères,

c^est notre doux mépris des femmes et Timmense dédain de Tamour.

Nous sommes ces mâles cérébraux,

que les petites mains n'oppriment pas :

et notre bonté forte s'éloigne autant

de la brutalité touranienne que des rêves hindous!

L^amour n'a pas de nom, parmi nos rites:

à chaque Dieu nous donnons sa parèdre ;

l'initié comprend que seul le Dieu androgyne est complet

et le fidèle, qu^il faut voir

dans la femme, l'enfant; et dans le mariage, la famille. Ce précieux chanteur, je voudrais l'élever plus haut qu'il ne souhaite, et qu'il fût mage et grand, non pas heureux et poète.

C'est peu pour une si belle âme que régner et chanter à Sirtella !... La courtisane tarde encor...

Page 1