L'ARGHIMAGE. — LA COURTISANE SACRÉE LA COURTISANE
Archimage, me voici.
L^ARCHIMAGE Tu connais le néophyte Œlohil?
LA COURTISANE
Œlohil, le plus charmant de vos disciples, le plus farouche aussi. Quand nous passons, mes compagnes et moi,
THEATRE DE LA ROSE-CROIX
auprès lui, dans les jardins,
il baisse ses beaux yeux, obstinément
L'ARCHIMAGE Il te plaît, je te le livre : je permets qu'il tombe dans tes bras !
LA COURTISANE
Délicieuse invite! ironique peut-être?
Œlohil — une femme devine —
n'a pas la contenance du pieux néophyte !
Sa réserve accuse une passion profonde
il se garde pour quelque jeune fille de Sirtella.
L'ARCHIMAGE
Eh bien ! Voler un cœur, cela stimule l'âme inférieure de la fem
Œlohil a donné sa foi, penses-tu ?
Ton plaisir sera grand de le rendre parjure.
LA COURTISANE
Vivre avec les sages profite : qui n'émeut pas le cœur souhaité, soi-même se trouble et je crains de Taimer,
L'ARCHIMAGE
Que de prudence et quelle humilité !
Je confierai cette mission à une autre fille du Temple
LA COURTISANE
Oh!
L'ARCHIMAGE
Obéis donc; fais-le trébucher jusqu'à toi
je le permets, je l'ordonne!
Quand un rayon de Sin frappera le portique
parais alors, raconte que tu viens de Sirtella
que la fille du patesi, Izel, est mariée :
son dépit est certain ; que cette nuit le souille et le sauve !