SCÈNE VI
LA COURTISANE (seule) Quel dédain de la femme chez ces mages!
Cependant, l'épreuve où nous intervenons se nomme la suprême! — Par trois années d'étude et de piété, CElohil mérita la tiare : s'il tombe dans mes bras, tout cela est perdu ! Son noviciat recommence.
Je suis tentée de tromper l'Archimage, de laisser Œlohil triompher;
j'honorerai ainsi Tamour lui-même en ce parfait amant.
Izel, fille de Goudea, ton bonheur dépend de mon plaisir !
Je suis tentée aussi de suivre mon caprice,
de provoquer la première caresse de ce poète pur.
Qui prévaudra de mes deux sentiments ?
la malice me plaît, l'aventure me charme
Œlohil est joli, mais décevoir les Mages?
Tammuz et la minute décideront. Il vient.
(Elle se dérobe sans quitter la scène).