SCÈNE VII
ŒLOHIL ET IZEL — GOUDEA et L'ARCHiMAGE, venant
du fond
L^ARCHIMAGE
Vois : l'amour est maître!
Tammuz renaît sous les baisers dUstar, seule impérière au ciel,
GOUDEA
Ma fille... avec un pâtre !...
L'ARCHIMAGE
Les astres l'avaient dit.
GOUDEA (lève sa crosse sur Œlohil, TArchimage étend la sienne entre le Patési
et Œlohil).
Tu défends ce maudit.,.
L'ARCHIMAGE
J'accomplis mon devoir de mage
Quiconque se révèle poète, ciseleur, architecte
est mon fils ou mon frère, suivant Page. J'adopte cet enfant
Je te le renverrai un jour, digne d'izel, digne de Sirtella.
ŒLOHIL
O Mage !... O maître ! (il baise la main de TArchimage).
GOUDEA Fille dénaturée, je saurai te punir...
IZEL
Confiante en la bonne promesse de Tinspiré des Dieux;
je saurai me garder pour ce retour.
Œlohil sera digne de toi, ô Père, digne de Sirtella.
GOUDEA
On arrête mon bras, mais mes imprécations, Œlohil, sur l'eau qu'elles te submergent ; qu'elles t'engloutissent sur terre ; qu'il croule le mur ou tu t'appuyes; qu'il te brûle le foyer dont tu t'approches; que les routes t'égarent, que tout pays t'exile ! Qu'Anou, Bel et Nouah, t'arrachent de la vie, comme la foudre arrache un chêne !
Que Mérodack, le suprême seigneur s'oppose à tes desseins;
que Samas le grand juge et prononce et t'aveugle;
que Sin l'illuminateur te rende
fou et furieux par des visions ;
qu'Adar, fils du Zénith, borne ta vie à ce moment,
que Goula, l'épouse du Soleil, enflamme tes entrailles
et que ta sueur soit de sang; que Nebo désespère ton àme;
qu'enfin, tous les grands Dieux, témoins de ma malédiction
dispersent tes jours comme la faulx les gerbes, Samas, la nuit,
comme le sabot du taureau disperse la poussière.
Esprit de la terre, souv: :ns-t'en. Esprit du ciel, souviens-t'en
IZEL (qui a contemplé le ciel obstinément)
Aucune étoile n'a passé.