SCENE XVIII
Lbs Mêmes, ANTONIO
antonio, entrant.
Eh bien!... est-il arrivé?
jaccoppo.
Chut! oui...
antonio.
Déjà!., je savais bien que ce vieillard était plein de courage... mais où donc est-il?
JACCOPPO.
Chut!... je l’ai fait entrer là pour qu’il ne s’ai perçoive pas de votre arrivée; maintenant, cnj irez là, pour qu’il ne soupçonne rien... et par ce guichet, que j’ouvrirai quaud il en sera temps, vous pourrez le voir mourir.
antonio.
Tu es un garçon bien rusé.
ChutI hâtez-vous, monseigneur.
ANTONIO
L idée me paratt d’autant plus heureuse que je n’aurai rien à craindre.
Il entre.
jaccoppo , l’enfermant.
Enfin! Ninetta, c’est fait, viens...
NINBTTA.
Non, j'ai réfléchi, je reste...
jaccoppo.
Mais tu veux donc ma mort, malheureuse?
NINBTTA.
Non, je veux que tu achètes ton moulin.
jaccoppo.
Je voudrais être à cent lieuei d'ici.
NINBTTA.
Tu as deux cents sequins, il en coûte trois cents; ces seigneurs compléteront la somme.
JACCOPPO.
Comment cela?
NINBTTA.
Ils ont payé pour entrer là... ils paieront pour en sortir...
Tu vas m’exposer...
NINBTTA.
As -tu confiance en moi?
JACCOPPO.
Tu as tant d’esprit !
NINFITTA.
h* : Suis mes pas, n' fais pas d~ imprudence.
Parlons bas, il fjul «lu mystère Parlons, bas et ne tremblons pas.
jaccoppo.
Mais, que veux-tu ?
NINBTTA.
Je veux être meunière,
JACCOPPO.
J'ai penr.' mon cn*ur fait I* tir lac «lu moulin.
NINETTA
TJn peu d'rDiiMçr. et dans une heure, j’esprre.
Delà fortune nous prendrons le chemin.
Parions bas, etc.
NINBTTA.
Va leur ouvrir les guichets... puis tu vien-
MAGASIN THEATRAL
dras me trouver mus la table, et je t'eipliquerai tout ce que lu auras à faire.
Elle se cache.
JACCOPPO.
Toul cela tournera mal...
Il ouvre les guichets cl sc cache.
akdréas» paraissant an guichet.
Mon guichet est ouvert; c’est que tout est prêt, ça ne va pas tarder, le voici...
antonio, paraissant à son guichet.
Mon guichet est ouvert.
ANDRÉAS
Le voilà t
ANTONIO
II va sans doute le frapper par derrière.
ANDRÉAS
Je comprends, c’est par derrière qu’il va frapper.
antonio.
Andréas! tu as voulu m’enlever une femme...
tu vas mourir.
Tu comptes encore sur ta bonne épée, lâche, qui voulais te mesurer avec moi, un vieillard : mais j’ai pris mes mesures.
antonio.
F.t moi les miennes... renonce à Ninetta !
ANDRÉAS
Jamais!
ANTONIO
Réfléchis, comte; je daigne t’accorder la vie... Jaccoppo, ne frappe pas encore! attends mes ordres !
ANDRÉAS
Que dis-tu T
ANTONIO
J’ai promis cent sequins pour ta tête.
ANDRÉAS
J’en ai promis autant pour la tienne.
ANTONIO
AtR :
Oui. j'n paré la tête,
ANDRÉAS
Oui, J'ai payé la lélc,
ANTONIO
On va le la »,oupcr;
On va te la couper;
ANTONIO
Car Jaccoppo s'apprête;
ANDRÉAS
Car Jaccoppo l'apprête;
ANTONIO
C'est loi qu'il va frapper.
ANDRÉAS
CVst toi qu'il va frapper.
NINF.TTA , SOUS la Ittf'lc.
Nous serons dans l'opulence,
Et tu n'auras plus faim.
jACCoero, sous la iaUte. •
.!<• crains hien qu' la potence M'ôte le goût du pain.