‹ Le Fils du bravo, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 19 sur 19 · REPRISE · texte numérisé non relu

REPRISE

Ou», j’ai payé. etc.

jaccoppo, sortant de dessous la table.

Rien, bien, j’ai compris, je suis à mon affaire. NINETTA.

Mettons le couvert.

ANDRÉAS et ANTONIO.

Ninetta!

Oui, messeigneurs... c’est Ninetta , ma fiancée.

ANDRÉAS et ANTONIO.

Sa fiancée, malédiction! enfer! damnation!

jaccoppo, mangeant .

Du tout... mes beaux seigneurs... vous m’avez dit tous deux: Nous voulons nous voir mourir, tués par toi ; et vous m’avez payé pour ça ; l’affaire était difficile à arranger... grâce à Ninetta, j’y ai réussi... vous serez satisfaits l’un et l’autre... vous allez mourir de faim, et par ces bienheureux guichets vous jouirez réciproquement de votre mutuelle agonie.

ANDRÉAS Ct ANTONIO.

Oh!

NINETTA

Bien dit, Jaccoppo t tiens, embrasse-moi pour la peine.

ANDRÉAS

L’embrasser devant moi !

ANTONIO

À mon nez, à ma barbe ! Misérable, ouvre-moi cette armoire!...

jaccoppo.

Impossible, monseigneur, le comte Montéléone me ferait décapiter.

ANDRÉAS

Ouvre-moi cette porte, pendard.

Si je l’ouvrais, monseigneur, le marquis Splnola me ferait pendre.

ANTONIO, passant son épie par le guichet.

Ouvre, ou je te pourfends de mon épé.

Andréas, passant aussi son épée.

Les coups de ma rapière sont mortels , Jaccoppo !

jaccoppo.

Bien, amusez-vous... criez... frappez... toi épées sont trop courtes , et la maison est isolée...

ANTONIO

Nous ne te ferons aucun mal, ouvre-nous.

ANDRÉAS

Est-ce que j'ai jamais voulu lui faire du mal,?

JACCOPPO.

Messeigneurs , je ne demande pas mieux que de vous être agréable; mais il faut que je gagne ma pauvre vie... Après vos morts, il me revient cent sequins. Vous pouvez me les faire attendre long-temps, c'est vrai, mais j’espère que d’ici à une huitaine de jours...

nineita.

Très-bien !

ANDRÉAS

Nous sommes perdus.

ANTONIO

C’est affreux I ...

NtNITTA.

Tu as le cœur trop dur, Jaccoppo... Comment, pour cent «équins?...

ANTONIO

Hais s’il ne s'agit que de cela. ..

NINETTA

Assurément ces deux seigneurs te les donneront pour que tu leur ouvres.

antonio, jetant une bourse.

Mais les voici... les voici I

Andréas, jetant une tourte.

Mais assurément ; soyons ronds en affaire.

NINETTA

Tu vois bien... je ramasse mon moulin.

jaccoppo, a part.

Dieu ! qu’elle a d'esprit;!...

ANDRÉAS

La porte... la porte...

jaccoppo, à Ainetta.

Mais quand ils seront libres, ils me tomberont dessus.

NINETTA

Cours décrocher ta grande épée , ça leur fera peur... c'est des poltrons. Moi, j’ vas leur ouvrir. ( Ouvrant. ) Messeigneurs, chose promise, chose due.

jaccoppo, décrochant l'épie.

Pourvu que ça ne me porte pas malheur.

ANDRÉAS , sortant.

Ah I Nineita I... avoir abusé de mon Sge avancé...

jaccoppo, avançant avec son épie.

J'ai la chair de poule.

Antonio, à Andréas.

Comte, unissons-nous pour nous veDger.

ANDRÉAS

Si nous fondions sur lui T

ANTONIO

Ce serait maladroit; son épée est plus loogue que la nétre.

ANDRÉAS

C'est vrai.

Et puis, nous ne serions que deux contre un...

ANDnÉAS.

C'estjuste, car cet homme est terrible.

jaccoppo. d part.

Us complotent... ils complotent.

ANTONIO

Les sbires ne sont pas loin d'ici.

ANDRÉAS

Faisons-les arrêter.

ANTONIO

Faisons-les arrêter.

ANDRÉAS

Ce sera plus prudent... UAtons-nous.

Air :

Noué parlons, cl souhaitons d'avance.

Bonne chance anx jeunes epoux.

Que demain le honlnur romnience ;

Bonne chance, mariez-vous.

Je Veux être «tu mariage.

JACCOPPO.

Grand merci, mon uohle seigneur.

ANDRÉAS, à f/inetta.

Je veux protéger le ménage.

NINETTA

Grand merci, notre protecteur.

ANTONIO et ANDRÉAS.

Nous partons, el souhaitons d'avance Bonne chance aux jeunes époux.

Que demain le bonheur commence;

Bonne chance, marier-vom.

Ils sortent.

JACCOPPO, se debarrassant de son épée .

Il était temps... j’avais usé tout mon courage. Enfin les voilà partis ... au plaisir de ne plus les revoir, et je ne crois pas qu’ils seront de la noce.

NINETTA

N’importe, c’est eux qu’auront payé les violons... jaccoppo, nous sommes meuniers.

JACCOPPO.

Je suis meunier.

KINBTTA.

Et plus de frayeur, plus de tristesse.

Car maintenant la tomme e»t complète.

Pour nout plu* de chagrin, d'ennui, de peine al de désir.

On dit qu’avec de l'or on achète L'amour, la folie et te bonheur, et le plaisir.

Tient, voili près du rivage Mes rimes el mon )>ateau.

Pour commencer le voyage ,

Nuus allons traverser l'eau.

Et puis nuus marcherons gaiement en courant

MAGASIN THKATRAL.

jusqu’à Naples; une fois arrivés, nous achcterona le moulin et noua nous marierons, Jaccoppo.

Car maintenant la aommr eu là, etc.

JACCOPPO.

Mais s'ils se mettent à nous poursuivre?

1UNBITA.

Laisse donc ; voilà déjà le soir.

JACCOPPO.

Tiens, c'est vrai; tout-à-l’lieure il fera noir ; comme de l'encre ; la nuit tous les bateaui sont gris, et alors attrape qui peut.

Il chante.

Salut, maison de mon pfrr.

KINETTA.

Qu'est-ce que tu fais donc 7

J* fais mes adieux à ma maison.

NINKTTA.

Est-ce que tu as le temps, imbécile? les autres qui Tont Tenir t’arrêter.

JACCOPPO, effraye.

Dieu î je crois déjà que je les entends. (Montant dans la barque.) Santa Maria, protégez-nous, veillez sur nous, conduisez-nous.

Car maintenant la somme est complète, etc.

Ils disparaissent. On frappe 4 la porte, et on entend un

grand bruit de voix confuses. Ouvrez au nom Je la

loi. On enfonce la porte, les sbires entrent, portant des torches et visitant partout. Andréas et Antonio, après avoir regarde dans les guichets, se fixent avec stupéfaction.

AHT05I0.

C'est singulier, en perdant mon bravo, j’ai perdu ma bravoure.

AHDBÉAS.

Et moi, tous mes moyens de séduction.

Air de Prcville et Taconnet.

ANDREAS

Kt cependant je suis très-amoureux.

Mais je ne puis être aimé d'une femme Sans le secours d'un bravo courageux. '

Oui, j'ai besoin d'un bravo courageux.

Au duel à mort, moi, je sais mettre entrave;

Mais j’ai juré la mort de mes rivaux,

L'extermination de mes rivaux.

ANDRÉAS

Pour que l’on m'aime

ANTONIO

Et pour que je sois brève, Accordez -nous de vigoureux bravos.

ANDREAS

Afin qu'on l’aime

ANTONIO

Et qu'il devienne brave.

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