SCÈNE PREMIÈRE
CATALINA, puis THÉRÈSE, puis BENITO, puis
BITTERMANN.
CATALINA, entrant avec un panier de fruits et de fleurs.
Personne encor dans cette salle. . .
Disposons mes flears, mes bouquets ; Pour que leur doux parfum s'exhale.
Au frais bien vite mettons-les I
{Prenant sur la cheminée un vase dans lequel elle verse de Veau
et disposant les flews.) Dans Peau que vous verse ma maio.
Petites fleurs que l'on adore, Petites fleurs, vivez encore.
Vivez au moins jusqu'à demain!
Tendre pâquerette,
Tulipe coquette,
Œillet et jasmin.
Bruyère jolie.
Je vous rends la vie;
Renaissez soudain.
Rose, ma mignonne,
Mon cœur vous pardonne
Vos airs langoureux i
Le soleil vous quitte;
Vous pleurez, petite,
Ce bel amoureux?
Dans Teau que voua verse ma main, Petites fltun qu« Ton t4m% Petites fleurs, tirez encore ; Vivez au moins jusqu'à demain t
{Elle va porter les vases qu'elle a disposés sur les consoler du fond, — Musique militaire au dehors, -^Regardant au balcon, puis courant à gamtht appeier Thérèse»)
Le régiment!... déjà... mademoiselle. •• HMez-TOtts... il faat vons greffier f...
tnéafesE, entrant.
Qu'est-ce donc?... tu m*as fait une frayeur mortelle!
CATALINA
C'est la musique*. « on vient de c«msitncer...
THÉRÈSE
Oai, chaque Jour, def tM iiotrt dcacuie»
Sous les feiièiict i» f liMel,
Le régiment, à pareille heure, Vient readre homnasa au c^oimI.
Çitusiqm UN dehors,)
Je p(tosèée IlttHnaïf* i^errière, Et je me suis dit bien routent :
Ah f que ne siii»-je rirandièfe A la tôte d*nii réginetttl iUtapiaa^tutapiinr Enlcnde^-vdus le» cftairow 7... le» felH t
Tarât», «a ta t Et les tamboiafu?..««o atftiit, feiiplatt»
RatapUn, pli», pîaii f
ENSEMËLË.
Les clairons, Quels doux sons I Ah l TratORent, ' C*est ch»rm»Bt..i
Le lambour A »oa tour, Eii avant, Ratapl»Bi
LB FILS DU BRIGADlSn
CATALiNA, prèê dm McM.
Ab î qu^tOk ml UUrire Est doue ffd% p<top plclivf Les beaux Iioimnesl quel» tàn IriDgantsI
THÉRÈSE, près du bùlcm.
Quels uoiformes élégants!
D*un éclat sans pareil Leurs casques htiïiênî au mMI !
RI#B n'«»t beau TniniMt
CoaiD8 UA régtaneat !
natA{Haff, mafrttfn.
BNI^BMBLË.
{La musique cesse au dehors.) BEmiOfmirarUyà Caialina, Ahl je vous trouve enfial
cKiÂUnà,
Mon Marff
B.ENITO.
Sans raison, Pourquoi quittez-TOUS la maison ? La loi vous oblige, ma chère, A suivre partout votre époux j Mais maintenant, c^e^f le (!onfrirlfe i Il me faut courir «près V(ms.
CATâLlUA.
Vous savez que chaque marin J'apporte ici les fleurs de mon Jardin.
fiEwr-fo.
Par ie costume miiîtaîre Votre regard ost ébloui...
A son mari quantf on veut pfSirc, On ne doit regarder que lui.
CATALiNA, le eàlinani.
Pardon, pardon, mon cher époux f Calœez-vousl D'obéir sans cesse Je fais la promesse,
k LE FILS DU BRIGADIER
Mon doaz mari.
Bien aimé... bien chéri...
Dans notre ménage.
D'être toojoun sage,
Solennellement
Je fais le serment.
BBNITO.
Dois-Je croire à ce serment-là?
CATALiNA, entrainéè par la musique qui éclate au dehors.
Oui, croyez à... Tarata, ta ta !
Les clairons, Qnels doux sonsi etc.
ENSEMBLE
THBRBSB et CATALINA.
Les clairons, etc.
BBNiTO, ahuri.
Les clairons,
Lea pistons.
Quel vacarme assommant !
C'est le tour
Du tambour...
J'en deyieos fou vraiment 1
CATALINA
Ta ra ta ta, Quel air cbarmant que celui-là !
THÉRBSB,, riant,
Ahl ahl ah! ah!
Jamais elle ne finira...
Ah! ah! ah! ah!
BBNITO.
De vos tarata, Bientôt on le verra, Mon coeur se vengera!
BENiTo, à sa femme.
Il faut que ça finisse, et je vous préviens que ces manèges ne me conviennent pas.
CATALINA
Quels manèges ?
BENITO
Vous tournez trop autour de l'armée française... de la cavalerie surtout.
CATALINA
Moi?
BENITO
Témoin cette jeune recrue, arrivée depuis huit jours.
CATjVLINA.
Ah ! monsieur Frédéric !
BENITO
Làl... elle sait déjà son noml... Pourquoi ce monsieur Frédéric, qui a l'air si niais, est-il toujours sur vos talons ?
CATALINA
C'est un fils de famille ; il est très-malheureux... et c'est de la compassion que j'éprouve pour lui...
BENITO
Je ne crois pas à la compassion... en matière de cavalerie!... {Se frappant le front.) Oh I... je sens là qu'il m'arrivera malheur !
CATALINA
Non... ne crains rien.
Ahl je sais Ce que je dis... Il m'est arrivé ce matin une chose sinistre !
THÉRÈSE
Quoi donc ?
BENITO
L'adjudant Bittermann est entré dans mon auberge, il a pris une bouteille de xérès, il l'a trouvée bonne, il l'a payée... et il a dit qu'il reviendrait...
THÉRÈSE
Eh bien ?
CATALINA
Eh bien ! quel mal vois-tu à cela ?
BENITO
Mais tu ne sais donc pas qu'il a le mauvais œil, l'adjudant Bittermann ?
6 LK FILS DU BRia^OIRR
cATALiNA, effrayée.
Pas possible I . , . Ah I mon Diou 1
BENiTo, à part.
Ça lui fait quelque chose. {Haut.) Toute la cavalerie française a le mauvais œil 1
cATALiNA, viveme^it.
Ça, je suis sûre du contraire !
THéRÈ'fiB.
Ne croyez donc pas à ces contes-là... L'adjtidant a les yeux comme tout le monde...
Ne dites pas ça... j'ai des preuves... Aussitôt après son départ, j'ai cassé une assiette I
THÉflii:6E.
C'est que vous êtes maladroit.
BENITO
gt j'ai uoepiàca de vin qui a tourné...
CATALINA, à part.
C'est égal, il y a quelque chose...
BENITO
Et si les Français ne prennent pas Burgos, savex-vous pourquoi ?
THÉRÈSE
Non.
BENITO
C'est la faute de cet adjudant,,. L'empereur est un grand homme.,. m»is pourquoi incorporer ce Bavarois dans l'armée française?,,» et tant qu'il sera ^u régiment, on ne prendra pas Burgos.
CATAI^INA.
C'est peut-être vrai ce qu'il dit là.
THÉRÈSE
Allons donc I des gens comme vous ajouter foi à de pareilles sottises !
CATALINA
Ce n'est pas moi, mam'zelle... C'est Benito.*. Ah bien,
ouil... le mauvîds œil!.,. Est-ce que ça existe?... {A pari.) C'est égal, je ne causerai plus avec' Tadjudant. {Haut*] Je vais porter mes fleurs à la colonel. {Elle entre à droile,]
BEMTo, à Caialina qui sort^ Je retournée notre auberge... Dépèehe-toi de m'y rejoindre. .. {Il se dispose à sortir et se rencontre avec Dittermann, qui entre.) Lui!.«. {H sort à reculom en pré* sentant ses doigts ouverts à V adjudant.)