SCÈNE XIV
EMILE, THÉRÈSE, puis GLÉOPATRE.
THÉRÈSE
C'est la retraite, Il va venir , Me voilà prête A le fleurir.
EMILE
C'est la retraite, Il va venir; La voilà prête A le fleurir.
Moment rempli de charmes,
Son cœur va s'attendrir en recevant ces fleurs ;
Sous nos tendres baisers nous sentirons des pleurs...
Noble» pleurs» sainied larmes,
Respectons-les ; ah I pour soq cœur, C'est du bonheur 1
EffSEMBLE.
C'est la retraite, etc.
CLÉOPATRB, entrant^ il est gris.
Tralalalalal Bonjour, les enfants... me voilà!
iMILE.
Grand Dieu I
THÉRÈSE
QuVMl donc?
CLÉOPATRB.
Qv.8lle noce!... du vin I... du punch I. . . Ohé 1 garçon!
THÉRÈSE
Oh 1 Je comprends I
ÉUILE
Eaeor l'ivresse !
TBÉRÈSB, à Cléopétrê^ Comment ! après votre promesse ?...
CLÉOPATRB.
Oh! mon institutrice!... En ayant, la leçon ! Ou la sait..« le prouom Est un nom Qui tient la place du nom. ..
Nom d'un nomi
THÉRÈSB.
Le malheureux !..« il déraisonne I
On peut vous voir.».
GLÉOPATRI!.
Mon officier!
Mon ange, embrasse-moi.
EMILE
Voyons, je vous pardonne ; Mais rentrez au quartier I Obéifisec, au nom de notre bonheur même !
De m'écoutea tout vous fait ubo loi 1
Si vous m'airoei autant que Je tous aime^ Rentrez... par amitié pour moil CLéoPATRB, agitant son mouchoir.
Dis donc... ça fume ici!... But... but... ta clieminéc A besoin d'être ramonée!...
Ça fume trop dans ton logis ., Je vais retrouver les amis!
THÉnÈsB, à É7nile, Retenez- le.
ÉMILB.
VouB n'irez pas, mon père .
GLÉOPATBE,
Hein! quoi?...
EMILE
Je brave ici votre colère...
GLÉOPATRE.
Papa veut boire..". Allons, place à papa !
Non.
GLÉOPATRE.
Place I...
EMILE
Non... 'non... restez là!
{Avec autorité,) De votre chef c'est la voix qui commande !
J'ai le droit d'enchatner vos pas.
Et quand j'ordonne, il faut que Ton m'entende... Non, brigadier... vous n'irez pas!
CL^OPATRB, avec 80umissi(in., Suffît, mon lieutenant I.
EMILE
Asseyez-vous là, sur ce banc...
GLÉOPATRE, s'o^seyoïit.
Suffit, mon lieutenant.
[A lui-même.)
Au piquet, ra*y voilà!...
C'est égal, ce gamin-H, Gomme il commande crânement :
« Vous n'irez pas! — Suffit, mon lieutenant I m
m LE FILS DU BRIGADIER
EMILE et THÉRÈSE.
Moment de délire Qai brise mon cœar, Et semble prédire Des Joars de malhears I
CLÉOPATBB, avec douceur.
Mon lieutenant?
EMILE
Après?
GRÉOPATEB.
Papa voudrait bien boire !
THéRBSB.
Le malheureux !
EMILE
Demain I
CLÉOPATRB.
II a bien soif, papa... tu ne yeux pas me croire?...
EMILE
Vois demandes en vain.
CLÉOPATRB, 8*animant.
Ah ! je sais ton père, il me semble...
Tu dois me nourrir...
EMILE
Moi?
THÉRÈSE
Je tremble 1
CLÉOPATRB.
Tiens, voilà douze sous ; va me chercher du vin !
Mais non, c'est inutile!
CLÉOPATRB.
Veux-tu m'obéir à la fin?
Tiens, voilà douie sous...
EMILE
Je nMrai pas.
CLÉOPATRB, avec force.
Emile !
LE FILS DU B1U6ADIKU Vf
THÉRÈSE, fiffrayée»
Ali! malgriî moi.
Je meurs d^effroi !
CLéoPATRE, avec force.
Quand le lieutenant réprimande, Le brigadier se tait...
T H É n Ë s E , supp Hante, De grâc*, calmez- vous!
CLéOPATRE.
Mais lorsque le papa commande,
L'enfant doit filer doux.
Pour lors, tiens, voilà douze sous...
J*ai soin
ÉMiLB, prenant un pot sur une table,
Bavei de Teau !
GLÉOPATRE, tançant le pot aoec fureur.
De Teau... je veux du vin!
EMILE
Je yous ordonne...
CLéOPATRE.
Allons donc, muscadin !
ENSEMBLE
CLÉOPATRE
Une telle audace Béyolte mon cœur ; Allons, fais-moi place, Ou crains ma fureur 1
ÉlflM et THÉRÈSE.
Tout mon sang se glace
D'effroi, de douleur!
Calmez-vouSj de gr&ce.
Pour notre bonheur 1 {A la fin de Vensetnble^ Èmife veut retenir son père. Dans la lutte, répaulette d'Emile tombe à terre, Biitermann a paru et se précipite entre eux,)
EMILE, poussant un cri, Ab!