‹ Le fils du silenceChapitre 32 sur 46 · LE MÉDECIN ALCMÉON · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN ALCMÉON

de temps à Crotone. Ils parlaient à tous ceux qu'ils rencontraient, expliquant ardemment ce qu'ils désiraient réaliser. Beaucoup riaient de leurs paroles, d'autres s'éloignaient sans rien dire; plusieurs les injuriaient, et les enfants leur lançaient des pierres. Mais le médecin Alcméon, ayant entendu Pythagore, vint à lui avec ces paroles :

— Je possède, à vingt stades de la ville, dans un domaine trop grand pour moi, une demeure trop grande. Veux-tu me permettre de te les donner?

— Je les accepterai, répondit le maître, si c'est ton cœur qui me parle et si c'est ton esprit qui me parle .

— C'est mon cœur qui te parle, et j'aime ce que tu fais. C'est mon esprit qui te parle, ô guérisseur des maux dont les hommes se chargent par leur folie.

— Je ne veux pas que ton geste soit le fils d'une erreur. Mon remède agira lentement et la génération que je guérirai peut-être, j'ignore quand elle naîtra.

— Si je ne craignais, reprit Alcméon, que mon second présent ne gâte le premier, je te dirais : « Et moi, me veux-tu? ».

— Ton second présent m'est une myriade de fois plus précieux que le premier.

Alcméon conduisit les dix-neuf jusqu'à la porte de son domaine. Il avait apporté delà peinture et un pinceau. Il écrivit sur l'entrée :

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