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DELIGNY, MARIE. M°"> VALDEN, MORIS- SEAU

Tous trois entrent par la porte du fond. DELIGNY, (J Wnp Valden.

Me pardon nerez-vou.s, madame, de m'êlre présenté chez vous si malin? ( Regardant Marie.) Je puis faire valoir un bien juste empressement pour excuse.

M™« VALDKN, saluant avec cérémonie.

Monsieur... ( A part, àMorisseau.) II est trèsbien, ce jeune homme.

MORissEAU, de même.

Et quinze mille livres de rente... (criant.) quinze...

Il lui montre avec ses doigts.

M"i« VALDEN.

Taisez-vous donc... je ne suis pas sourde... (ffaut, à De/igny.) Monsieur, je vous prie de vous considérer ici comme chez vous... Permettezmoi de vous présenter ma nièce.

DELIGNY

J'ai tout de suite reconnu mademoiselle.

Bime VALDEN.

Comment! reconnu...

HORISSEAU, à pan.

Bon! il se coupe...

Oui, au portrait que m'en a fait Morisseau...

MORISSEAU, de même.

Il se rattrape.

nELiGNY, à Marie.

Mais je m'aperçois que le peintre est encore resté au-dessous du modèle.

MORISSEAD.

Ohl c'est joli, ça... [A JW"* Valden, très-haut. ) « Le peintre est encore resté au-dessous... »

M™e VALDEN.

Mais je ne suis pas sourde... vous criez...

DELIGNT, bas à Marie.

Je vous retrouve plus belle et plus ravissante que jamais...

MARIE

Monsieur...

DELIGNY, de même.

Je comprends... on nous observe... mais accordez-moi un moment d'entretien, et je me justifierai à vos yeux.

MARIS, à part.

Se justifier... et de quoi?

M""* VALDKN, bas à Morisseau, en l'entraînant à droite.

Croyez-vous qu'il accepterait à déjeuner?

MORISSEAU.

Certainement... (A part. ) Voilà qu'ils renouent connaissance.

M"e VALDEN , à Deligny.

Faudrait-il vous prier beaucoup, monsieur Deligny, pour vous faire accepter à déjeuner?

DELIGNY

Morisseau a dû vous dire que j'étais ennemi des cérémonies.

M"= VALDEN.

Permettez-moi d'agir sans façon avec vous et de vous laisser un instant avec Morisseau et ma nièce.

F.iusse sortie.

HORISSEAU, à Marie'.

Petite sournoise... 6...

* Deligny, Muriiseau, Marie, M"" Valden.

MARIE

Comment! sournoise...

MORISSEAU.

Oui, je sais tout... chut!

Mme VALDEN, appelant.

Marie!

MARIE

Oui, ma tante. ( A Morisseau. ) Que voulezvous dire?

HORISSEAU , mystérieusement.

C'est bon !... on sait ce qu'on sait.

M™^ VALDEN.

Marie! {L'appelant près d'elle avec un mouve^ ment de tête. ) Hum!

MARIE

Ma tante... [Elle s'approche de Af'"« Falden.) Je n'y comprends rien.

Morisseau cause avec Deligny.

M'"" VALDEN, has à Marie.

Qu'est-ce qu'il faut faire pour déjeuner?

MARIE, de même.

Je ne sais pas, ma tante.

M"^ VALDEN, de même.

II y a la dinde.

MARIE, de même.

Ce n'est pas assez.

Bime VALDEN, de même.

J'ai envie d'y ajouter une omelette et une carpe frite.

MARIE, de même.

S'il n'aime pas la carpe...

M"»e VALDEN.

Il faut demandera Morisseau. {Elle l'appelle.) Moiisseau... hum!

MARIE, mystérieusement, avec une petite toux.

Hum!

Morisseau s'approche.

M°"= VALDEN, bas à Morisseau.

Pour le déjeuner, nous avons la dinde... j'ai envie de mettre avec ça une omelette et une carpe frite.

DELIGNY, à part.

Que peuvent-ils se dire?

MORISSEAU.

C'est bon ça!... Je l'aime beaucoup, moi, la carpe frite... avec ça que j'ai une faim...

MARIE

Il ne s'agit pas de vous, mais de votre ami.

MORISSEAU.

Ah ! je ne connais pas son goût; je vais lui demander si...

MARIE

Mais non, ce n'est pas convenable...

MORISSEAU.

Laissez donc!... adroitement... {Ilappelle.) Deligny!... ( // lui fait signe d'approcher.) Hum ! DELIGNY, à part.

11 paraît que je suis aussi du complot.

MORISSEAU, d'un ton délibéré.

Aimes-tu la carpe frite?

MAGASIN THEATRAL

DELIGNY, riant.

Ah! c'est pour ça... beaucoup.

MORisSBAC, bas à Marie.

Beaucoup.

MARIE, bas à M'"^ Valden.

Beaucoup.

M°'<' VALDEN, à part.

Beaucoup!... Il est vraiment très-bien, ce jeune homme. Je vais commander le déjeuner.

MORISSBAU.

C'est cela.

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