SCENE VII
DELIGNY, MORISSEAU, MARIE.
Va-t'en !
Hein ?
Va-t'en I
DKLIGNV, bas à Morisseau.
MOBISSKAU.
UELIGNV.
MORISSEAU, souriant.
Compris, compris.
Il s'approche de la porle.
MARIE, à part.
Est-ce qu'il va me laisser seule avec M. Deligny?... (Jïaur.) Morisseau!
MORISSEAD.
Hein?
MARIE
Eh bien! VOUS parlez comme cela?... à peine monsieur est-il arrivé que vous le laissez . ce •I est pas bien ; restez.
«•BLlCNv, qui a pris sur la table Vouvrage de Marie ; u Marie.
Voilà un charmant dessin de broderie, made- ^.^o.selle... [Bas , Morisseau.) Trouve une ex-
MARIE
n est de ma cousine, monsieur... d'une bonne '"ine, que j'aime plus que vous ne sauriez le 'roire, et comme nous sommes séparées elle "•envoie ses travaux commencés, et moi 'je les
i'cuTelle. '"' *'"'"' '"' '"' ""' "''''^«•^'"^ ""
OEI.IGNV.
Touchante intimité!
'Ifailsign,, a Moiu„-.„i .le loili,
' Mor.j^eau, Dcligny, Marie.
MARIB.
Elle est si bonne, si dévouée, si tondre... c'est une sœur, monsieur.
MORISSEAU.
Et une bonne sœur qui vous aime bien aussi.
HARIE.
Ohl je le sais, et je conserve là un précieux souvenir... son dévouement a été si grand pour moi... '^
MORISSEAU.
Allons, allons, ne parlons pas de ça... elle n'a fait que son devoir.
MARIE
Son devoir!... Dans une maladie que je fis monsieur, elle passa quinze jours au chevet de mon lit. sans repos, sans sommeil, sans distractions; elle ne consentit enfin à me quitter que sur I assurance des médecins que ma vie était hors de danger... et voilà ce que Morisseau appelle taire son devoir.
MORISSBAU.
Vous ne dites pas tout non plus, car il faut bien que je fasse votre éloge, puisque ma femme n est pas là... Vois-tu, Deligny, tu as devant toi une petite femme qui est bonne... ah ! enfin, c'est la crème des petites femmes, et des grandes aussi.
„ . MARIE
Morisseau !
MORISSEAU.
Du tout... je veux parler, je veux dire ce que vous avez fait pour votre cousine, pour ma temme... • Pauvre orpheline, recueillie ainsi que vous par M-^ Valden... consentiez-vous à prendre un seul plaisir qu'elle ne le partageât ?. . vos robes, vos chiffons, vos fantaisies, elle était de moitié dans tout cela, et toujours, et pour tout... Oui, vous êtes bonne, bonne, bonne... aussi, quand je vous regarde, eh bien I j'ai toujours envie de vous embrasser.
Il va pour l'cnibrasser. DKLIGNV, Varrêtant, bas.
Eh bien!... mais va-t'en donc!... tues là, tu causes, tu embrasses...
MORISSEAU, bas.
Jaloux, laisse-moi le temps de trouver un prétexte... *^
DELIGNY, à Marie.
Je vois que vous avez dans Morisseau un bien bon cousin.
MARIB.
Il est aussi bon cousin qu'excellent mari. MORissiCAU, liram sa montre.
El je le prouve... comme il me reste encore un quart d heure avant le départ de la poste, je vais u.émreun mot, à cette chère petite femme... 'À Dehguij.) Hein!
DELIGNY. bus.
Bravo!
MAHIK.
L'heure est passée, votre lettre ne partira pas aujourd hui. '
' Dclipny, Moiisiiaii, Marie.
MORISSEAC.
Je vais exactement comme la poste de Manheim.
MARIE
C'est pour cela que vous êtes toujours en retard.
MORISSEAC.
Mon cher Deligny, nous nous reverrons toutà-l'heure à table. [Bas.) Hein! comme c'est joué! «ELiGNY, bas.
A ravir.
Morisseau sort par ie fond.