ACTE I, SCÈNE VI. i
FINETTE
Vous connaissez le monde. , -,
M“'. ROLAND
Oui , j’ai du jugement.
Fervil me rend justice , il excite mon zèle.
Aussi tout va bien mieux depuis que je m’en mêle.
FINETTE
Du plus léger abus votre esprit est frappé.
M m *. ROLAND.
Mon mari tous les jours sans moi serait trompé.
Tu sais qu’en ses bureaux une place est vacante :
Déjà pour l’obtenir la foule se présente.
Moi , j’ai le concurrent qui la mérite mieuç.
Tiens , lis et reconnais un sujet précieux.
FINETTE Ut , et appuie sur les expressions ridicules.
« Madame,
» J’ai l’honneur de vous rappeler le bonheur que j’ai » eu de vous rencontrer dans le monde , et de chanter » devant vous dans nos concerts de société. J’apprends » que votre illustre époux dispose d’uue place dans ses » bureaux ; daignez , madame , lui parler en ma fa- » veur, et ne pas me refuser votre suprême bienveil- » lance.
Narcisse de Saint-Hernonse. »
M m *. ROLAND, se pavanant.
Que ce style est joli !
FINETTE
Vraiment il écrit bien ,
Et pour avoir la place il ne lui manque rien.
M D «. ROLAND
C’est aussi mon avis. Le croirais-tu , Finette ?
J’ai vingt lettres de même encor sur ma toilette.
Ce jour va me livrer à d’étranges débats.
FINETTE
Eh ! madame , pourquoi ?
M”'. ROLAND
Tu ne le sais donc pas ?
Chacun sur mon crédit Tonde son espérance ,
Et nous devons passer des marchés d’importance.
Bien des spéculateurs verront leurs vœux déçus ,
Et Fervil doit me faire un rapport là-dessus.
S’il vient, fais près de moi qu’il se rende au plus vite.
FINETTE
Monsieur de Saint-Léon vous rend une visite ;
Il attend au salon.
M»'. ROLAND
Eh bien ! qu’il vienne ici.
FINETTE. 7 '
Il ne tardera pas , je crois que le voici ;
Daignez me confier votre mot de réponse ,
Je brûle d’annoncer à monsieur Saint-Hemonse ,
Qu’il doit , chantant si bien, vaincre tous ses rivaux ,
Et qu’un si beau talent doit orner nos bureaux.
M“*. ROLAND
J’aperçois Saint-Léon.
FINETTE
Madame , je vous laisse.
( Bu I Saint-Lion, )
Monsieur , n’oubliez pas de flatter ma maîtresse.
( Elle «ort. )