‹ Le flatteur, comedie en cinq actes et en versChapitre 32 sur 86 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

Et n’ai pu jusqu’ici vous rendre le témoin De tout ce que je sais. Au dessin je m’applique , ' fit j’y fais des progrès ; mon maître de musique Est très-content de moi. * „

SAINTLÉON.

Je vous l’avais bien dit. *

* • ROSE. '

Mon maître de français dit que j’ai de l’esprit.

( En riant. )

Vous ne le croyez pas , et cependant , mon père ,

Il soutient que je suis sa meilleure écolière ;

Mais personne en ces lieux ne veut l’apercevoir. ROLAND.

Je ne veux plus passer un seul jour sans te voir. Poursuis , ma chère enfant , sois toujours attentive ,

Et forme tes taiens.

ROSE

Pour vous je les cultive»

ROLAND. '

Quoi î c'est pour moi ? ‘ ,

, ... ROSE

• ( Elle montre «on cœur. )

Sans doute , et c’est là que je sens Que mes soins charmeront peut-être vos vieux ans. Resterez-vous toujours gouverneur? Non , j’espère, Que vous aurez le temps de m’écouter, mon père.

Que je serai contente , et qu’il me sera doux De montrer des progrès que je ne dois qu’à vous ! D’un avenir charmant je m’occupe à toute heure.

Mes dessins orneront un jour voire demeure ;

Le soir au coin du feu je vous lirai des vers ,

Et puis le lendemain nous ferons des concerts .

Je chanterai pour vous le bel air d’ Antigone ; n . ~

Cette princesse était une aimable personne ;

Comme elle aimait son père , et par quels soins touchaas Elle le consolait de ses frères médians !

Si jamais la fortune était pour vous cruelle,

Mon père , je le sens , je ferais tout comme elle. SAINT-LÉON.

Si vous la présentiez à la société , . 'lÿf-iif -

Croyez-vous qu’on rirait de sa simplicité ?

'■ÈMÉT

Chère enfant !

ROLAND, embrassant sa fille.

Page 1