ACTE III, SCÈNE IX. 5g
FER VIL
Comme un ami sincère
Des vices de nos jours censeur un peu sévère ; Blâmant avec raison la licence des mœurs , Ennemi de l’intrigue et surtout des flatteurs.
SAINT-HEME.
A ce dernier trait-là je dois me reconnaître ,
Sans cesse je le dis , tout flatteur est un traître.
FER VIL
Mais , sans être un flatteur , on peut à votre aspect Se sentir pénétré du plus profond respect ,
Sous ce maintien modeste apercevoir un sage ,
Et sous cet air si doux distinguer le courage.
SAINT-HÈME. 1
Vous êtes bien polÿ
FER VIL
Sans doute , les flatteurs
De la société sont les vils corrupteurs 5 Sur nos vices divers ils fondent leur empire,
Et tout homme-qui flatte a le dessejn de nuire.
SAINT-HÉME.
Vous les connaissez bien !
J . .... , FERVIL.
Mais le vrtn cependant
Doit sur tous les esprits garder son ascendant.
Si tromper la faiblesse est une afïreuse étude , Méconnaître la gloire est une ingratitude ;
L’éloge mérité doit plaire à tons les yeux.
Si je crains les flatteurs , je hais les envieux.
Ceux qui par leurs travaux honorèrent la France jVont-ils pas quelques droits à la reconnaissance.
rift
SAINT-HÉME.
Eli qu’importe le prix que l’on peut recevoir J Pour un brave il sullit d’avoir fait son devoir.
FERVIL.
Mais pardon , le plaisir d’honorer le mérite Me rend trop indiscret, à regret je vous quitte. SAINT-HÉME.
Monsieur votre raison me plaît en vérité.
FER V IL, i part.
Le sage comme un autre aime a se voir flatte.
( Haut. )
le vais vous annoncer.
( tt «orl. )
, SAINT-HÈME.
Cet hommq a su me plaire v On voit que la franchise est dans son caractère,*;
Aussi , je gagerais qu’en ces lieux oublié
Il n’a point de ses chefs obtenu l’amitié. *
On vient. .... . ,