‹ Le flatteur, comedie en cinq actes et en versChapitre 45 sur 86 · ACTE III, SCÈNE X. fi · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X. fi

SAINT-LÉON

Connaissez-vous celui qui vient de nous quitter ? ~ \ •

SAINT-HÉME.

Non. Mais il me parait tout-à-fait raisonnable.

Il s’exprime fort bien.

SAINT-LÉON

Vous Ve trouvez aimable ?

SAINT-HÊME.

Il déteste , dit-il , les amis corrupteurs ,

Et ne peut supporter les perfides flatteurs.

SAINT-LÉON

O ciel ! que dites-vous ?

SAINT-HÊME. • . . ‘

. i. D’où naît votre surprise ?

SAINT-LÉON

Et comment voulez- vous que je vous la déguise?

Celui que vous vantez c’est le flatteur.

SAINT-HÊME.

, Ferri!!...

Ah que la flatterie est un poison subtil.

Pour servir mou ami mon Zèle îCrtne guide ;

Quoi ! j’accours en ces lieux démasquer un perfide ,

Et moi-même , à mon tour, dans un piège grossier, Sans m’en apercevoir , je tombe le premier.

Que le fourbe aura ri de ma bonté crédule !

Comme en secret sans doute il me voit ridicule |

Mais j’ôterai le masque à cet homme odieux ;

Je m’attache à ses pas et le suis eu tous lieux.

Pour troubler les projets dont le traître s’occupe Je feindrai s’il le, faut de paraître sa dupe ,

6i J LE FLATTEUft,

Et nous réunirons et prudence et vigueur Pour sauver un auxi des pièges d’an ilatleur.

SAINT-LÉON

Que vous pouvez lui rendre un important service! Mais ne vous flattez pas , monsieur , qu’on réussisse Sans obstacle; madame appuie un imposteur,

Et tout ce qui l’entoure ajoute à son erreur.

SAINT-HÊME.

Quoi ! madame Roland , jadis si bonne mère ,

D’un orgueil dangereux embrasse la chimère !

Sur un époux trop faible assez elle a régné.

Vous savez....

* . SA1NT-HÈMÉ. T'.

' r Je sais tout et j’en suis indigné.

Je n’aurais jamais cru , puisqu’il faut vous le dire * Qu’un flatteur sur son âme exerçât cet' empire ; Trahissant la nature , oubliant son devoir ,

En éloignant sa fille elle croit mieux valoir.

Rien ne peut remplacer ce qu’elle perd en elle;

A son propre intérêt je la trouve rebelle. .

Pourquoi n.ous éblouir d’un éclat emprunté ?

O mères ! vos en fa ns parent votre beauté !

En les faisant briller vous nous êtes plus chères :

Le charme des enfaus se répand sur les mères.

; . SAINT-LÉON

Fervil gâte l’esprit de madame Roland ;

On peut la ramener, son cœur est excellent t Et votre ami dit moins.... • r > «

SÀINT-HÊME. • I -| :

* « n r.- Me semble inexcusable ,

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