SCÈNE VI
Le général SAINT-HÊME , le général ROLAND RUSTAN.
RUSTAN
Vous parlez de Fervil , il est enfin connu ;
Il était temps , morbleu !
ROLAND
Malheureux , que dis-tu ?
RUSTAN
Je dis qu’en ce moment Fervil se déshonore.
Mais , par où commencer ?
ROLAND
Si tu parles encore ,
Oubliant l’amitié que j’eus jadis pour toi ,
Je te fais a 1 instant éloigner de chez moi.
RUSTAN
De mon attachement ce serait le salaire ?
Cela ne se peut pas.
ROL AND , le menaçant. #
Rustan !
SA INT-HÉME, le retenant.
Point de colère.
De son propre repos que l’homme est ennemi !
Peux-tu , pour un flatteur , méconnaître un ami?...
RUSTAN
Un ami prêt encor à vous donner sa vie ,
Un ami... qui pour vous montra quelque énergie. Oubliez-vous cé sang sous les drapeaux versé ?
Je vous mis dans mes bras quand vous fûtes blessé.
Et vous me maltraitez aujourd’hui pour un traître!... Pardon, mon général, je parle trop peut-être. Défendre son pays , sauver son commandant ,
Tout bon soldat Français en aurait fait autant.
Mais Fervil est un fourbe.
ROLAND
Il ne veut pas se taire.
RUSTAN
Vous serez compromis par votre secrétaire :
Je soutiens que Fervil vous deviendra fatal ;
J’en jure par l’honneur devant mon général.
( Il salue en militaire. )
ROLAND
Ne quitteras-tu point cette rudesse extrême?
Pourquoi ce ton grossier ?
RUSTAN
Parce que je vous aime.
ROLAND
Ne saurais-tu parler avec un ton plus doux ?
RUSTAN
J’ai vu peu de soldats aussi braves que vous.
ROLAND
Ah ! tu veux me flatftr.
RUSTAN
J’accourais pour vous dire
Un fait très-important.
SAINT-HÉME, passant du cote de Rustan.
, ■ • C’est moi qu’il faut instruire.
(A Roland. )
L’épreuve de ce jour contre nous a tourné ,