ACTE V, SCÈNE III. gi
FER V IL , jouant l'émotion.
« Juste ciel , qu’ai-je appris ?
Quel malheur !
ROLAND
Calmez-vous.
FERVIL. +
Eh quoi, voilà le prix Des talens.... des» vertus.... ô fatale disgrâce !....
Mais au moins un ami va remplir votre place :
C’est encore un héros qui -commande en ces lieux. •
SA1NT-HÈME , i part.
Il trouve le moyeu de ndus flatter tous deux.
FERVIL.
Dans ce jour à la fois malheureux et prospère ,
Les soldats m’auront pas du moins perdu leur père.
• (À Saint-IIéme en changeant de ton. )
Lorsque je Tus par vous informé du malheur Qui déjà menaçait mon noble protecteur ,
Vous m’avez vu , je crois , ardent à le défendre,
Et dans l’hommage enfin que j’aimais à lui rendre , J’ai dit qu’on nqpourait jamais le remplacer :
Mais vous êtes nommé , puis-je encor le penser ?
Et le respect que j’ai pour sa noble conduite Doit-il de son ami me cacher le mérite ?
Je tiens heureux celui qui va me succéder.
Mais votre emploi , monsieur , vous pouvez le garder.
F E R V I L , ayant peine à contenir sa joie.
Mon emploi !... Je me dois à la reconnaissance.
ROLAND, après avoir réfléchi.
De cet effort nouveau , monsieur, je vous dispense*,
Et vous pouvez agir en toute liberté.
FERVIL. ,
Non... je vous appartiens.
SAINT-HÈME.
- , J’admire en vérité
Ce refus, mais l’état réclame vos services.
F ER VIL, vivement.
AV!... pour lui je suis prêt à tous les sacrifices. sainx-hême.
Il suffit, le temps presse et le courrier m’attend.
Je devrai m’occuper d’un travail important ,
Et vous réunirez tout ce qui m’est utile ,
Les papiers de la place. - , - ’ ~ . *
FER YIL , avec an grand empressement.
- Et les clefs de la ville :
Je vais vous les chercher et les porter soudain.
, SAINT-HÊME.
Non , rien ne presse encore , attendons à demain.
Je n’ai point sur cela d’ordres à vous prescrire. Suivez-moi , Saint-Léon , j’ai deux mots à vous dire.
(Il sort avec Saint-Léon. )
FER. VIL, à part. ,
Au nouveau gouverneur allons faire ma cour.
ROLAND
Quoi , vous n’attendez pas en ces lieux sou retour ?
FERVIL.
C’est pour vous mieux servir qu’il faut avec prudence Chercher à deviner ce que de vous il pciise.