RUSTAN, ROLAND, M». ROLAND
M m *. ROLAND.
Dois-je croire, monsieur , la mauvaise nouvelle . Qu’on vient de me donner ? .
ROLAND
• Oui , madame , elle est telle :
Saint-Hême me remplace et devient gouverneur.
Je süis disgracié.
M"*. ROLAND
Juste ciel ! quel malheur !
ROLAND
Plus prudente que moi, la fortune contraire Nous donne une leçon. r
M"'. ROLAND
O ciel ! quel ton sévère !
ROLAND
Vous verrez loin de nous s’éloigner les flatteurs : L’adversité détruit le rêve des grandeurs.
A renvoyer mes gens je veux qu’on se dispose.
M m «. ROLAND.
Du malheur de ce jour je ne suis point la cause.
RUSTAN
Mon général veut-il que je le quitte aussi ?
ROLAND
Il le faut bien.
* RDSTAN.
. Non, non, moi je demeure ici.
La fortune pour vous est injuste et cruelle ;
Mais le cœur de Rustan ne change pas comme elle.
Le malheur pour jamais m’attache à votre sort.
Entre nous, commandant , à la vie ,... à la mort...
* ROLAND, cachant son émotion et tendant la main à Rustan.
C’est bien,, c’est bien.
RUSTAN
Tantôt, et pour d4^ cn dreun traître.
Vous m’avez repoussé ; mais j’avais tort peut-être : , • Avec plus de respect je devais vous parler.
Rustan , vous le savez ne peut dissimuler.
( En pleurant. ) >*■
Vous ne m’en voulez pas ?
ROL AN D , sans regarder Rustan cherche sa main qu’il serre.
Tou zèle était louable :
En ne t’écoutant pas , c’est moi qui fus coupable.