ACTE V, SCÈNE IV
RUSTAN
Coupable? non , jamais ; malheur à l’imprudent
Qui traiterait ainsi mon brave commandant !
Si contre votre place une intrigue est formée,
Qu’en peut-il résulter’? vous irez à l’armée.
En battant l’ennemi vous reprendrez vos droits ,
Et ce ne sera pas pour la première fois :
Ces messieurs ont appris long-temps à vous connaître. En face , l’étranger vous vit toujours paraître.
ROLÀJND , #mu. .
Assez.
RUSTAN
Dans vos dangers je veux encor ma part ,
Trop heureux , simon corps vous servait de rempart \ Si sous nos vieux drapeaux , mourant pour la patrie , Au prix de tout mon sang je vous sauvais la vie ; •
Ou bien , si la victoire un jour trompe vos vœux , Que nous soyons du moins prisonniers tous les deux, Rustan, qui de vous suivre en tous les temps s’honore. Dans le fond d’un cachot vous servirait encore :
De mourir près de vous je veux avoir l’honneur.
ROLAND , ne pouvant contenir son émotion , et se jetant dans les bras de * Rustan.
Rustan , qu’avec plaisir je reconnais ton cœur I
R U ST A N , en changeant de ton.
Fervil n’a plus l’honneur d’ètre à votre service ;
Je vais lui proposer un moment d’exercice,
Et voir s’il a du cœur.
( D fait appel d'armes. )
R OL AND. -
Demeure ici , Rustan.
R U S TA. N , saluant en militaire.
Puisque vous l’ordonnez , il vivra , commandant.
Vous ignorez encor les complots de cfe traître :
Un certain Salomon... mais je le vois paraître ,
Si vous le permettez , nous aurons ces aveux.
(A M"'. Roland.)
Vous verrez queFervil vous compromit tous deux.
ROLAND
Vous aussi ? je frémis d’en savoir davantage.