ACTE I, SCÈNE V
ROSE, se tenant Lien droite.
Suis-je bien ?
FINETTE
Oh ! très-bien , vous ferez sa conquête.
Si Saint-Léon vous voit , il en perdra la tête.
ROSE
Je voudrais bien qu’il vînt.
FINETTE
Bientôt vous le verrez ; Mais il faut lui cacher que vous le désirez.
ROSE
Le cacher, et pourquoi cacher ce que l’on pense ?
FINETTE
Nous devons quelquefois mentir par bienséance.
ROSE
Je connais peu le monde et ne le vois jamais ,
Et si je tiens parfois des propos indiscrets ,
C’est qu’au milieu du bruit je suis bien solitaire.
FINETTE, à part avec ironie.
Voilà le résultat des bontés de sa mère.
ROSE
Comment pourrai-je dire un mot sans me troubler ? Toujours bonne maman me défend de parler; Toujours elle me dit : Taisez- vous, étourdie ;
N’allez pas croire au inoius que vous soyez jolie ; Vous avez de grand yeux, mais ils ne disent rien.
FINETTE
Mais votre père au moins...
ROSE
Mon père m’ai me bien.
Mais comme dans sa place il a beaucoup d’affaires , Malgré lui de sa fille il ne s’occupe guères.
FINETTE, à p«rt.
Pauvre enfant !
rose. , '
Et maman en lui parlant de moi , Dit que sa volonté doit seule être ma loi.
Puisqu’elle me néglige , il faudra bien , ma cbère , Que je retrouve en toi l’amitié d’une mère.
FINETTE
Vous pouvez y compter. Parlez-moi «franchemen t ; Saint-Léon vous plait-il ?
ROSE , en confidence et à demi-yoix.
Je le trouve charmant.
Et que vous a-t-il dit ?
ROSE
Que j’étais fort jolie.
FINETTE
Puis encor ?
ROSE
Qu’il m’aimait.
' FINETTE
’ . Beaucoup?
ROSE , gaiement.
A la folie.
Qu’estimé de mon père il obtiendrait ma main ,