‹ Le flatteur, comedie en cinq actes et en versChapitre 7 sur 86 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

RUSTAN

Avec bien de l’humeur je m’en vais le flatter.

Pourquoi faut-il toujours que l’homme se déguise ? C’est un tort aujourd’hui d’avoir de la franchise,

Et ce brave jeune homme a raison , je le voi :

Oui , l’on ne m’aime plus , on m’évite , et pourquoi ? C’est qu’une vérité prépare une disgrâce ,

Et qu’un flatteur toujours d’un ami prend la place.

Je ne pourrai jamais, par des complimens faux,

Ériger en vertus de dangereux défauts.

J’aime mon général, il est juste, sincère 5 Mille fois j’ai vanté son talent militaire,

Mafis les hommes toujours veulent qu’on fasse cas Non des talens qu’ils ont , mais de ceux qu’ils n’ont pa*. Eh bien ! je lui dirai qu’il a du caractère.

Que jamais il n’oublie un travail nécessaire , p Que les flatteurs sur loi n’ont aucun ascendant....

Non , je ne ferai point un mensonge aussi grand }

Je lui dirai plutôt qu’un vieil ami le blâme,

Qu’il se laisse mener par Fervil et sa femme ,

Mais puis-je l’ignorer , ce ton lâ lui déplaît.

Qu’un soldat a de peine à devenir valet !

Je ne trahirai point le général que j’aime...

Et le tromper serait une bassesse extrême.

Ce séjour m'offre encor un piège dangereux :

J’ai plus de quarante ans et je suis amoureux; Amoureux de Finette. On vient , mon Dieu! c’est elle : Je me trouble.

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