ACTE V, -SCÈNE XL
Et le hasard heureux qui m’amenait vers toi,
Tout lui dit qu’il pouvait s’en rapporter à moi ;
Et si j’ai pris un jour et ta place et ton litre ,
C’est que de ton desiin il m’a rendu l’arbitre ,
Et qu’un ordre secret m’a flatté de l’espoir De servir l’amitié sans trahir mon devoir.
Ce devoir maintenant n’a rien qui m’embarrasse ,
Je ne le trahis point en te rendant ta placé, c ROLAND.
Que je dois de respect à ta noble amitié ;
Mais ce titre peut-il m'être encor confié ?
Puis-je oublier jamais la faute que j’ai faite ?
SAINT-HÈME.
Tu pourras dans les camps un jour payer ta dette.
ROLAND. *
Je n’offrè plus au roi qu’un dangereux appui.
t* SAINT-HÈME.
Tu te justifieras en combattant pour lui.
Sers encor ton pays , dissipe tes alarmes.
Et viens, viens dans mes bras, mon vieuxeompagnon d’armes.
( Ils s'embrassent. Sainl-Hémc aperçoit Rose et Saint- Le'on. )
Rose avec Saint-Léon , mes enfans , accourez.