ACTE PREMIER
MARIE-ANNE
Bioii sûr, dame ! Ça va lui faire une secousse. 11 i^n mourra.
JACQUEMIN, insinuant et gêné.
Mais vous!.. Une femme est plus douce.
Elle trouve des mots câlins et fins voiliers. C'est lâche, n'est-ce pas? Mais..., si vous lui parliez. Pour commencer, un peu..., le premier abordage.... Sans lui dire qu'on l'a hissé par un cordage. Ni même qu'il est mort, dame, bien entendu ; Mais comme quoi voilà son bien, qu'il s'est perdu, Qu'à la bataille il fut le plus brave des braves, Qu'il ne reste plus rien de lui que ces épaves. Enfin, ce que j'ai dit, mais mieux, et tendrement, Pour que le coup de mer s'étale en flot dormant.
MARIE-ANNE
Oui, oui, je tâcherai. J'arrangerai l'histoire.
JACQUEMIN
D'ailleurs, c'est bien compris : la mort n'est pas notoire.
MARIE-ANNE
Sûre, quand même.
JACQUEMIN
Oui donc, c'est comme si, pas moins.
t\ LE FLIBUSTIER
MARIE-ANNE, montrant les objets tirés du baluchon.
Puis, les objets sont là, qui servent de témoins.
JACQUEMIN
Mais, ne les montrez pas d'abord.
MARIE-ANNE, les enveloppant dans le filet.
Soyez sans crainte; Je les découvrirai quand j'y serai contrainte, Pas avant.
On entend des pas au dehors.
Est-ce lui? J'entends quelqu'un marcher Au bas de la rue.
Regardant dehors.
Oui.
Poussant Jacquemin vers la porte de gauche.
Entrez là vous cacher.
A vous voir si tremblant, j'ai peur qu'il ne comprenne. Allez !
Elle l'enferme dans la chambre de gauche.